Après Le Cap, cap vers le large…
Paripurna Navasana – Posture du bateau | Yoga Iyengar®
Bien chère yogini, bien cher yogi,
Je suis de retour ! Un voyage assez éclair en Afrique du Sud. Nous en avons pris “plein les yeux” 🤩, selon l’expression. J’adorerais m’étendre, vous raconter et partager les photos animalières et la nature somptueuse. Mais ce n’est pas le sujet ici, n’est-ce pas ? Sauf si je fais le lien avec le yoga 😉.
Nous sommes restés aux alentours de Cape Town pour optimiser notre temps sur place. La montagne est partout.
Et soudain, Tadasana ne semble plus être une posture, mais une réalité géographique. Je vous la partage car, en yoga, Tadasana — la montagne — est un “monument yogique”. Elle incarne la stabilité, la solidité, une puissance tranquille. Tout ce dont nous avons besoin ! Sur le plan émotionnel, elle induit Shanta, le calme.
La fameuse Montagne de la Table à Cape Town :
Sur le téléphérique pour accéder au sommet, j’avais vraiment envie de la toucher :
Je ne pourrai plus faire Simhasana, le lion, posture surprenante et rugissante, sans avoir cette image en tête :
Christian Pisano disait que Simhasana, à mi-chemin entre asana et pranayama, nous aide à faire tomber le masque social. D’ailleurs, pour éviter la gêne naturelle (nous ne sommes pas habitués à tirer la langue de manière sonore en public 😅), il nous faisait nous tourner le dos. On peut même la pratiquer assis·e sur une chaise. Au plus simple.
Dans le célèbre et incontournable livre de référence, le Hatha Yoga Pradipika, l’un des trois textes classiques du Hatha Yoga, le yogi Svatmarama met en lumière quatre postures comme étant “les meilleures” parmi les quinze décrites dans l’ouvrage : Siddhasana (la posture des siddhas, des sages), Padmasana (le lotus), Baddha Konasana (l’angle lié, jambes en papillon, plantes de pieds jointes) et Simhasana (le lion).
J’ai été heureuse d’approcher ce magnifique félin et de l’entendre rugir. J’ai aussi été surprise d’apprendre que les lions aiment dormir et n’aiment pas courir ! C’est un peu à l’envers de ce que l’on imagine. En fait, cela me ressemble (mon signe astrologique est Lion ! 😂).
Les levers de soleil étaient fabuleux. Non pas pour pratiquer 😉, mais pour commencer notre safari :
En parlant de pratique, j’avais emporté mon kit de survie : tapis, brique, ceinture, coussin pour les yeux.
Feed-back express yoga-survie-vacances
Nos journées étaient très denses et, je vous l’avoue, j’ai fonctionné en mode minimum. Heureusement, pendant les temps de trajet en voiture, je m’installais en Padmasana (le lotus). Ouf, une des quatre meilleures du HYP !
La survie yogique se résume à une inversée a minima. Si vous avez peu de temps pour pratiquer, ne cherchez pas : on m’a transmis que seules les inversées maintiendront votre corps dans un état yogique. La gagnante, dans ce contexte — la plus efficace selon moi — est Setu Bandha Sarvangasana avec la brique sous le coccyx (la posture du pont).
J’espère que ce micro feed-back yoga-survie-vacances vous inspirera (lorsqu’il s’agit de vacances compactes, riches en visites, avec très peu de temps disponible).
Et maintenant, revenons au studio.
Le message yogique-pranayamique de la semaine
Beaucoup d’entre vous attendent cette semaine. Mardi, à mon retour, j’ai axé le cours intermédiaire sur les poumons. C’était le Dharana du jour (le point de concentration) et aussi un moyen de s’intérioriser sans se perdre, les poumons servant de point d’appui à la conscience. Il s’agit d’une approche plutôt avancée, au sens subtil. Qui parvient réellement à ressentir ses poumons ?
En cours bases, nous avons travaillé sur les omoplates : c’est beaucoup plus tangible !
Le yoga Iyengar® évolue ! Le pranayama, ou exercices de respiration, fusionne de plus en plus avec les postures. J’en ai encore eu confirmation au cours d’Abhijata mardi. En Savasana, avec un support sous le dos pour ouvrir la cage thoracique, c’est relativement simple. Toutefois, dans d’autres postures, il devient vite évident que si elle n’est pas maîtrisée — si l’on ne peut la maintenir sans douleur ni agitation — alors l’expérience du pranayama intégré devient impossible.
Cela confirme qu’en yoga Iyengar®, le pranayama n’est pas enseigné aux débutants.
Rien n’empêche, ceci dit, d’amorcer le processus en introduisant la conscience respiratoire en posture assise. La première victoire est d’obtenir l’immobilité concentrée pendant plusieurs minutes.
Au Cap, le vent souffle fort. Très fort.
Il balaie la montagne, il pousse les nuages, il rappelle que rien n’est totalement immobile.
Et pourtant, tout tient.
Le souffle — extérieur ou intérieur — peut être puissant. La question n’est pas de l’empêcher, mais d’apprendre à s’organiser autour de lui.
Cette semaine, nous avons exploré le souffle comme point d’appui. Les omoplates deviennent alors une sorte de gouvernail dorsal : elles structurent la cage thoracique, soutiennent les poumons et permettent au vent intérieur de circuler sans nous déséquilibrer. Elles apportent force (intérieure aussi!) et stabilité.
Après Le Cap… cap vers le large.
Paripurna Navasana s’est imposée naturellement.
Un bateau ne lutte pas contre le vent : il s’oriente grâce à lui.
Paripurna Navasana : le bateau ⚓
Paripurna signifie entier, complet.
La posture ressemble à un bateau à rames, d’où son nom (et oui, il faut parfois “ramer” un peu pour acquérir de l’aisance dans cette posture 😅).
J’ai choisi l’ancre pour illustrer le bateau, car l’un ne va pas sans l’autre.
En Paripurna Navasana, notre ancre visible, évidente — notre enracinement — ce sont les os des fessiers.
Les mêmes qui pointent vers le ciel en Adho Mukha Svanasana (chien tête en bas).
D’ailleurs, dans La Bible du Yoga de B.K.S. Iyengar, la posture qui précède Paripurna Navasana est précisément Adho Mukha Svanasana (le chien tête en bas) .
Selon que cette pointe est dirigée vers le bas (Paripurna Navasana) ou vers le haut (Adho Mukha Svanasana), l’angle entre les cuisses et le bas-ventre se transforme.
👉 En ce sens, Paripurna Navasana est une posture de bassin.
👉 Elle appartient à la catégorie des postures abdominales.
👉 Et pourtant… c’est presque une posture de tout le corps.
Les jambes doivent être tendues comme en Dandasana (la posture du bâton), qui constitue le point de départ — le quai de la posture.
Dans l’apprentissage, de manière pédagogique (donc progressive — très Iyengar® 😉), on commence jambes pliées, en décomposant étape par étape pour apprivoiser la posture.
Mais la forme classique s’aborde à partir de Dandasana. Pourquoi ?
Pour maintenir les jambes tendues et le dos droit, même en s’inclinant en arrière et en levant les jambes.
⚓ Les bienfaits « visibles »
Les bienfaits cités en priorité concernent la région du bassin :
diminution de l’aérophagie et des ballonnements
amincissement de la taille 😁
tonification des reins
🌬️ Mais aussi une posture thoracique
Je la considère tout autant comme une posture thoracique.
C’est un mélange subtil :
de flexion avant (l’angle jambes/buste se ferme au-delà de l’angle droit)
et d’extension arrière (même si cela ne se voit pas)
Pourquoi extension ?
Parce que la colonne vertébrale, le sacrum et les omoplates doivent être absorbés.
Selon les pratiquants :
soit le sacrum “lâche” en premier,
soit ce sont les omoplates.
Et alors… on tangue. On bascule en arrière.
(Petite recommandation : évitez de pratiquer avec un mur juste derrière vous 😉.)
On retrouve alors les bienfaits principaux des extensions arrières
tonification du muscle cardiaque
amélioration de la capacité pulmonaire (les poumons reçoivent leur coup de boost grâce aux omoplates)
♟️ Trois coups d’avance
En yoga Iyengar®, nous avons toujours au moins trois coups d’avance.
Paripurna Navasana est introduite en cours bases.
Ce que les élèves ne savent pas toujours, c’est que l’on plante ici toutes les graines nécessaires pour aborder plus tard Sirsasana (la posture sur la tête) avec confiance et intelligence corporelle.
En Sirsasana, on retrouve :
l’absorption du sacrum
l’absorption des omoplates
Deux incontournables déjà travaillés dans le bateau.
La posture aide également beaucoup à améliorer Salamba Sarvangasana (la posture sur les épaules).
On comprend mieux la verticalité des omoplates et le concept même de posture sur les épaules.
🌊 Un voyage yogique
Si je devais résumer, Paripurna Navasana amorce un voyage yogique.
Elle construit une force intérieure qui ne se voit pas immédiatement, mais qui se révèle lorsque l’équilibre devient incertain.
Dans la posture, tout pourrait tanguer :
le bassin recule, les omoplates cèdent, le souffle se bloque.
Et pourtant, si l’axe est trouvé, quelque chose s’organise.
La force ne vient plus de la crispation,
mais de la précision.
Le bateau tient non pas parce qu’il lutte contre le vent,
mais parce qu’il s’oriente.
Lorsque le souffle circule librement, l’équilibre cesse d’être précaire.
Il devient conscient.
Alors, l’ancre est posée.
Le bateau ne dérive plus.
Il avance.
Et avec Paripurna Navasana…
on a moins de chances de se laisser mener en bateau 😅.
⏰On se retrouve ce soir à 18H30 😊 ⬇️
La dernère séance étude posturale consacrée à Paripurna Navasana enregistrée sur le studio en ligne remonte au 16/07/2020. Il me semble bien l’avoir proposée plus récemment mais il est possible que j’ai rencontré un problème d’enregistrement. Cela arrive parfois. La séance de ce soir est un voyage. Tout du moins je l’ai ressenti comme telle en la testant pour vous. See you soon!
Vous pouvez aussi passer par le site internet :
Il est également possible de télécharger l’application Bsport :
Je vous donne à nouveau les dates des stages du dimanche matin à Mouans Sartoux pour l’année
8 février
15 mars
Le stage du 10 mai est annulé car le baptème de Victor a été fixé à cette date
14 juin
Prenez de l’avance et inscrivez vous pour le stage du 15 mars:
Le planning des cours est à jour jusqu’à fin juin! Il sera suceptible de quelques aménagements notamment au mois de mai. Planifiez vos cours sans limite 😊
Si mes écrits vous inspirent, merci de partager! 🙏
Amicalement
Namasté
Isabelle









