Hommage à l'enseignement de Birjoo Mehta sur le Pranayama
Paschimottanasana
Bien chère yogini, bien cher yogi,
J’ai poursuivi l’écoute des replays des conventions à Arles. Je n’ai pas fini! Et je trouve des pépites! Des choses que je n’ai jamais entendues. Et qui font sens et écho pour moi.
Je vous partage ce que j’appellerai un “scoop” même si le terme est naturellement inapproprié. Il s’agit du pranayama. J’espère ne pas dénaturer les propos de Birjoo Mehta en vous les résumant.
Birjoo a assurément trouvé LA voie, ou SA voie. Il nous la partage de manière si éclairante.
Le pranayama selon Birjoo Mehta
J’ai été étonnée en visualisant les premiers replays: pas de pranayama? Birjoo parlait de la conscience, du souffle. Mais sur les replays que j’ai visualisés, je n’ai pas retrouvé les exercices classiques de Pranayama (Ujjayi, Viloma…).
Selon Birjoo ce n’est pas véritablement du pranayama. Ces différentes méthodes existent pour nous entraîner. C’est ce que j’appelle le “scoop”.
Le pranayama du 4ème type
Birjoo nous fait découvrir le pranayama du 4ème type: ni inspiration, ni expiration, ni rétention. Mais alors quoi?
L’absence de souffle: Kevala Kumbakha.
Kevala signifie “seulement”, sans préfixe tels que antara ou bahia kumbakha (rétention poumons pleins ou poumons vides). On est alors dans un état d’absoption.
J’avoue qu’en bonne Vata, certains exercices de pranayama représentent pour moi trop de mouvement, trop d’air, trop de volonté pour contrôler le souffle. Je n’ai qu’une aspiration: cesser le contrôle, tout cesser en fait. Alors les enseignements de Birjoo ont vraiment résonné en moi.
Birjoo nous a fait ressentir et nous a conduit concrètement vers deux états différents.
Vers Dharana, la concentration
Avec Kevala Kumbakha, on a une sensation de remplissage de la poitrine. Cela nous conduit vers Dharana, la concentration. Dans cette phase, on perçoit le corps. La conscience est à l’intérieur du corps.
Vers Dhyana, que l’on traduit par méditation
Quand la sensation du souffle disparaît, on arrive à l’étape de Dhyana que l’on traduit par le mot méditation. On est alors dans un état d’absorption, sans concience du corps. Il n’y a pas non plus de sensation du souffle, mais il y a une expansion de la conscience.
Voici ses instructions pour nous guider et nous faire percevoir la différence entre Dharana et Dhyana:
“Laisser l’extrémité du coccyx se retirer vers le sol. Le flux du souffle s’allonge. Diriger l’attention vers la colonne vertébrale avec une sensation de plus en plus fine. Réduire la largeur de ce petit canal. Quand la conscience arrive au sommet de la tête, baisser la tête en Jalandhara Bandha. Maintenant que le conduit est très fin, observer le recul du corps organique. A ce stade on se sent dans le corps, avec une démarcation claire entre le corps et l’extérieur. En restant ainsi, on sent que l’on peut définir les limites du corps. Puis on relâche. On retourne vers le mouvement ascendant et ascendant du mental subtil. A la base de ce canal, on sort de cet endroit pour se retrouver à l’extérieur, comme si le conducteur sortait du véhicule. A ce stade on observe la différence, dans le silence. On est dans Dhyana.”
Birjoo avec maestria a réussi à nous faire ressentir, ou du moins approcher ce qui jusqu’ici restait au stade de concept dans les Yoga Sutra. A sa manière unique, il a abordé la méditation, une notion dont tout le monde parle avec des appropriations différentes.
L’importance du nombril
Selon Birjoo le “marqueur” de la conscience calme se situe au nombril, le “hub” où se croisent nos 72 000 nadis ou canaux d’énergie. Il revient en permanence sur cette notion. Par exemple, en Bharadvajasana, une torsion, il a démontré comment ramener de la stabilité à cet endroit, avec Jalandhara bandha, Mula bandha (très subtil) et Uddiyana Bandha qui est induit des deux autres Bandhas. Au passage, avec douceur, il a fait voler en éclat l’utilisation systématique de la couverture pour réequilibrer le bassin. Il existe d’autres moyens plus subtils pour aboutir au rééquilibrage. Le support ne doit être utilisé que si cela ne fonctionne pas.
Le nom de posture comme un mantra
J’ai découvert après coup (après la séance étude posturale de la semaine dernière sur Anantasana) qu’il avait recours à cette posture pour trouver ou retrouver un état d’absorption. Seule et unique asana, dit-il, citée dans les Yoga Sutras. Il a fait répéter maintes fois mentalement le mot “Anantasana”, comme un mantra, pour son pouvoir vibratoire.
La manifestation d’Anantasana nous dit-il, nous amène vers le non manifesté, l’état où tout est espace. Il a réussi à nous faire pecevoir cet état de non manifesté au travers de la posture.
Le mantra Anantasana est le mot de passe vers le portail qui nous ouvre la porte vers l’élément Espace
En Bharadvajasana, Birjoo prononce et répète le mantra Anantasana. Observez comment, tout en enseignant, il est lui-même absorbé. Observez aussi la zone du nombril pacifiée. A préciser qu’entre Jalandhara bandha et Mulabandha, Uddiyana Bandha se manifeste.
Je me suis surprise à penser que cette approche peut être utilisée avec d’autres noms de postures, comme Tadasana, la montagne, pour sa résonnance de stabilité et de puissance calme.
L’élément Terre, Prithivi
Je n’en reviens pas moi-même, cette semaine, j’ai complètement zappé que nous étions en début de mois, la semaine des postures debout, pour faire un bond dans le temps. Bref, j’ai allègrement sauté une semaine pour créer une ambiance flexions avant autour de l’élément Terre. Je devais vraiment en avoir besoin! Heureusement, les postures debout ne sont jamais loin ni complètement absentes.
Vous allez penser que je passe du coq à l’âne, de l’élément Espace à l’élément Terre sans transition. En fait, pas du tout. L’accès à l’élément Espace, à l’état d’absorption, prend sa source dans l’élément Terre. D’ailleurs, si je reprends l’exemple de Anantasana, c’est une posture “Terre”, avec une longue emprise au sol de tout le côté du corps. D’ailleurs (bis), pour nous faire percevoir le placement parfaitement neutre du nombril, Birjoo nous a installés en Savasana sur le ventre. On ne peut pas trouver plus “Terre”. En effet selon lui, en Savasana sur le dos classique, on devient vite agité (tout du moins les débutants) car le nombril a tendance à se projeter vers le haut, le bas et le haut ne sont pas égaux.
L’élément Terre régit les jambes et les peds, l’élimination et le système squelettique.
Son centre d’énergie est Muladhara, le chakra racine.
Ses qualités sont la confiance, la stabilité, le support, l’organisation
Il est relié à l’odorat
Son symbole est un carré
Même si la couleur associée est le plus souvent le rouge, en voici une représentation “green” 😉
De nos jours, avec nos vies dites modernes, nous avons peu l’occasion de manipuler la terre et d’en recevoir les propriétés calmantes et ressourçantes. Travailler l’élément Terre c’est aussi revenir au corps pour désencombrer notre mental en surchauffe. C’est une approche essentielle, surtout pour les constitutions Vata.
L’absorption est favorisée quand on pratique l’élément Terre, comme si on entrait dans notre grotte, en retrait, au grand calme, dans notre cachette secrète, intime, chaude, rassurante, On peut s’autoriser à lâcher prise dans cet espace personnel sécuritaire.
J’explique dans le 1er carnet de pratique Yoga Enchanté les différentes pratiques selon les éléments. Il est accessible en PDF ICI
Et le “pack Terre” peut constituer une belle cure de ressourcement. Vous le trouverez dans le studio en ligne ICI
Paschimottanasana
Ah! La fameuse “pince”! Pour beaucoup elle pince! 😉Elle met en relief les ischio-jambiers courts, les bassins raides, les bas du dos fragiles.
Pour bénéficier de ses effets sur l’élimination et l’assimilation, le contact “terre” entre le ventre et les cuisses est important. Pour cela, il faut comprendre le mouvement de bascule du bassin, et le rôle et le placement des os des fessiers. On apprend cela en Dandasana, la posture du bâton.
Outre la dépose de l’abdomen, l’état de tranquilité dépend de la tête posée sur les jambes, La pratique “Terre” est une practique tactile, on se colle. Et bien sûr, le souffle va s’affiner, devenir de plus en plus fin. En route vers Kevala Kumbakha?
Vous trouverez un “zoom technique” de Paschimottanasana sur le site de l’AFYI (l’association française de yoga Iyengar) ICI
Avant d’embrasser la Terre, on n’oublie pas l’étirement du buste en Urdhva Mukha Pashimottanasana. Cela n’empêche pas que l’absorption soit déjà présente, observez le visage et le regard de Guruji. L’appel de la grotte doit attendre un peu!
Si vous percevez la frénésie de la fin de l’année qui pointe son nez, une certaine lourdeur qui nous vient de l’hiver avec l’arrivée de Kapha, alors notre pratique du jur vous fera grand bien.
On se retrouve ce soir à 18H30 😊 ⬇️
Une pratique Terre apaisante autour de Paschimottanasana.
Vous pouvez aussi passer par le site internet :
Il est également possible de télécharger l’application Bsport :
Je vous donne à nouveau les dates des stages du dimanche matin à Mouans Sartoux pour l’année
11 janvier
8 février
15 mars
10 mai
14 juin
Et voici celui du stage du 11 janvier
Prenez de l’avance et réservez celui du 8 février
Je pars à Pune demain matin. Il n’y aura donc pas de cours jusqu’au 15 décembre inclus.
Pour compenser un peu j’ai planifié quelques cours pendant les vacances de Noël:
Lundi 22 décembre 18H15 Tous niveaux
Samedi 27 décembre 9H30 détente récupération (vous en aurez besoin après les fêtes!)
Lundi 29 décembre 18H15 Tous niveaux
Vendredi 2 janvier 9H30 Tous niveaux
Samedi 3 janvier 9H30 détente récupération (doublement besoin! 😉)
Vous serez là? N’hésitez pas à réserver dès maintenant! Ne vous laissez pas décourager s’il y a une liste d’attente, vous avez toutes vos chances!
Grande nouvelle: le planning est à jour jusqu’à fin juin! Il sera suceptible de quelques aménagements notamment au mois de mai. Planifiez vos cours sans limite 😊
Si mes écrits vous inspirent, merci de partager! 🙏
Amicalement
Namasté
Isabelle







