ChĂšre yogini, cher yogi,
Jâaime bien marquer la saisonnalitĂ© et aussi les moments marquants dans lâannĂ©e.
Septembre sent le cartable, les jours qui baissent, le dĂ©clin dâun Ă©tĂ© vibrant â cette annĂ©e, trop chaud, trop brĂ»lant. Beaucoup en sont sortis Ă©puisĂ©s : la rentrĂ©e ? Donnez-moi des vacances !
En plaisantant (Ă peine đ), jâavais mĂȘme lancĂ© : « Les vacances, câest de lâarnaque ! »
Un brin provocateur, mais si on nâa pas une stratĂ©gie de maintien de notre Ă©quilibre, nos vacances peuvent aussi nous dĂ©structurer, nous dĂ©saligner. Le fait de bouger, de voyager, de changer de rythme peut nous faire perdre notre ancrage, notre base stable.
Je vous fĂ©licite si vous avez rĂ©ussi Ă traverser lâĂ©tĂ© en prenant le bon, ce qui vous fait du bien, vous ressource et vous rĂ©gĂ©nĂšre.
JâespĂšre que vous avez nourri vos cellules, votre cĆur et votre Ăąme. đż
Cultiver notre Ă©cosystĂšme đż
Vous savez que je rentre du Kerala, oĂč je suis allĂ©e « essuyer les plĂątres » en prĂ©vision de notre cure du 27 mars au 12 avril 2027 au centre Ananda Laksmi.
Je suis dĂ©jĂ nostalgique, avec une envie dây retourner, de repartir demain. Le mĂ©decin sur place vous demande si vous souffrez dâune addiction quelconque. Jâaurais presque envie de rĂ©pondre aujourdâhui : oui ! LâAyurvĂ©da đ€©
Pourtant, quand on y est, on se glisse vite dans un nouveau rythme, une nouvelle alimentation, les soins, les cours de yoga quotidiens. On est accueilli dans un Ă©cosystĂšme qui semble naturel, tant il prend soin de nos fonctions essentielles : la digestion, le transit, le sommeil, lâappĂ©tit, le rythme des repas⊠mais aussi notre Ă©tat dâesprit et notre joie de vivre.
LâĂ©vidence semble naturelle.
Et puis, de retour chez soi, câest Ă nous de prĂ©server les acquis et dâamĂ©nager notre vie. LâAyurvĂ©da introduit le concept de dinacharya â la routine quotidienne.
Une chose est certaine : le yoga, au sens large, avec la respiration, fait partie de cette routine quotidienne. En cela, je me sens utile, un peu comme un point relais : la pratique du yoga peut elle aussi constituer le cĆur dâun Ă©cosystĂšme propice Ă une vie saine, joyeuse et Ă©quilibrĂ©e.
A-t-on envie de manger un hamburger-frites aprĂšs une sĂ©ance de yoga ? Non, bien sĂ»r. đ Notre pratique contribue Ă nous protĂ©ger et Ă installer, en nous et autour de nous, un cercle vertueux.
Un tĂ©moignage qui tombe Ă point âš
Petit cadeau inattendu : au moment oĂč je vous Ă©cris, je vois passer un mail dâune de mes Ă©lĂšves en ligne, Evelyne.
Je connais Evelyne depuis la rĂ©gion parisienne, oĂč jâenseignais le yoga IyengarÂź dans une grande association. Evelyne est arrivĂ©e il y a quelques mois dans le cours dĂ©tente-rĂ©cupĂ©ration du samedi matin. Elle avait interrompu les cours dits « classiques », qui ne lui faisaient plus de bien, peut-ĂȘtre mĂȘme lâinverse.
Elle a une pratique autonome, le yoga fait partie de sa vie. Elle sâest aussi abonnĂ©e Ă mon studio en ligne.
Voici ce quâelle mâĂ©crit :
Bonjour Isabelle,
Jâai vraiment apprĂ©ciĂ© la reprise et cette premiĂšre sĂ©ance essentiellement guidĂ©e par la parole et pas par le regard, sans matĂ©riel.
Je lâai refaite ce matin en constatant que jâĂ©tais passĂ©e Ă cĂŽtĂ© de certains Ă©lĂ©ments. Donc, une redite mâapparaĂźt intĂ©ressante. La recherche de la nouveautĂ© permanente est un des maux de notre sociĂ©tĂ©.
Lâinstallation dâune routine : cours en direct, samedi matin et replay, mercredi matin est inscrite dans mon agenda. JâespĂšre mây tenir. Le travail de lâancrage et des routines est un Ă©lĂ©ment important dans mon chemin yogique.
Ă samedi.
Je ne pouvais trouver meilleure illustration de mon propos.
Merci Evelyne ! đ
Je prĂ©cise quâelle est dâaccord pour que je vous partage son message.
Les Mudra, une pratique à portée de main
Dans cet Ă©cosystĂšme, les Mudra, le yoga des doigts, apportent elles aussi leur contribution. Câest une pratique particuliĂšrement facile Ă intĂ©grer dans la vie quotidienne : pas besoin de tapis, de matĂ©riel, ni mĂȘme dâune forme physique particuliĂšre. Un moment de calme, oĂč vous ĂȘtes simplement « posĂ©-e », suffit. VoilĂ dâailleurs une bonne raison de prendre les transports en commun ! đđ Outre lâaspect Ă©cologique et solidaire, vous pouvez pratiquer vos Mudra â et laisser de cĂŽtĂ© le tĂ©lĂ©phone portable.
Comme lâexplique Locana Sansregret dans son livre Mudra, yoga des doigts, les Mudra modifient les circuits dâĂ©nergie en nous et changent le lieu de rĂ©sidence de la respiration. Ainsi, en pratiquant une Mudra, vous agissez aussi sur le souffle.
La semaine derniĂšre, pour ma rentrĂ©e, je vous ai proposĂ© Prithvi Mudra â extrĂ©mitĂ©s des pouces et des annulaires jointes â pour renforcer votre stabilitĂ©, votre ancrage, vous rendre plus solide. Câest la Mudra indissociable des voyages, pendant et aprĂšs : celle qui nous aide Ă retrouver notre base, notre stabilitĂ©. đ±
Cette semaine, je reste dans la zone et le thĂšme de lâancrage avec Apana Mudra â extrĂ©mitĂ©s des pouces, majeurs et annulaires jointes.

Les majeurs reprĂ©sentent lâespace, les annulaires la terre et le pouce le feu. Elle est traditionnellement associĂ©e Ă Apana Vayu, le mouvement descendant. Dans la tradition yogique, apana est liĂ© Ă ce qui descend et Ă lâĂ©limination. Câest donc une Mudra qui nous emmĂšne vers le bas, vers les profondeurs abdominales et pelviennes.
Mais voyez-vous, jâai rĂ©alisĂ© quelque chose.
Nous associons souvent la profondeur Ă la pĂ©nombre, au sombre, Ă ce qui est cachĂ©. Lâexpiration vers la terre nous entraĂźne vers le bas, et spontanĂ©ment, nous pouvons imaginer que ce qui est « en bas » est plus sombre.
Pourtant, lors de la derniĂšre convention IyengarÂź, Birjoo Mehta nous faisait descendre plus bas encore pour trouver la dimension de lâespace. Un espace clair, lumineux. âš
Sur le moment, je nâai pas vraiment compris pourquoi.
Vous serez dâaccord : dans notre imaginaire, la lumiĂšre est souvent « lĂ -haut ». Nous parlons de clartĂ© mentale, dâun esprit clair. Lorsque nous inspirons, nous sentons aussi la cage thoracique sâouvrir, lâespace intĂ©rieur sâĂ©largir et devenir plus clair, plus lumineux.
Alors, pourquoi cette lumiĂšre ne pourrait-elle pas aussi descendre ? đĄ
Câest lĂ que se trouve pour moi le travail de cette semaine : descendre cette lumiĂšre dans le bassin.
Car le bassin est aussi un lieu de vie. Câest lĂ que se passent notamment la digestion, lâĂ©limination, la reproduction. Câest aussi une zone oĂč peuvent sâaccumuler tensions, fatigue et « dĂ©chets ». Nous avons parfois tendance Ă la vivre comme une zone sombre, lourde, dense.
Et si nous faisions exactement lâinverse ?
Et si nous pouvions rendre notre bassin aussi clair et lumineux que lâespace ?
Un bassin vivant, habitĂ©, respirant, lumineux. âš
Câest lâexpĂ©rience que je vous propose cette semaine avec Apana Mudra : ne pas seulement descendre vers le bas, mais apporter de lâespace et de la lumiĂšre dans nos profondeurs. đż
Le Sankalpa, une intention qui vient de lâintĂ©rieur đ±
La rentrĂ©e nous donne aussi lâimpulsion pour formuler un Sankalpa. Je le rĂ©sume comme une rĂ©solution intĂ©rieure, une ferme intention, une volontĂ© consciente, une direction, un pacte secret vis-Ă -vis de nous-mĂȘme.
Mais le Sankalpa nâest pas tout Ă fait une rĂ©solution comme celles que nous prenons au Nouvel An. Il ne sâagit pas seulement de dĂ©cider mentalement de changer quelque chose dans notre vie. Il est plutĂŽt question dâune intention profonde, reliĂ©e Ă ce qui a vraiment du sens pour nous.
ConcrĂštement ? Il sâagit dâune affirmation positive, formulĂ©e au prĂ©sent, sans nĂ©gation, et rĂ©aliste. Par exemple : « Je prends soin de moi », si lâon nâa pas dâidĂ©e plus prĂ©cise.
IdĂ©alement, en dĂ©but de pratique, on vient sceller notre intention dans notre cĆur aprĂšs lâavoir rĂ©pĂ©tĂ©e mentalement trois fois.
Et pendant le Savasana, jâaime bien retrouver le Sankalpa du dĂ©but et le faire voyager dans le corps tout entier, dans nos riviĂšres dâĂ©nergie, nos 72 000 nadi, invisibles mais perceptibles, peut-ĂȘtre, aprĂšs notre pratique. âš
IdĂ©alement, le Sankalpa nâest pas issu de notre mental. Il devrait nous ĂȘtre soufflĂ©, murmurĂ©. Je lâassocie Ă une aspiration inspirĂ©e.
Alors, plutĂŽt que de chercher Ă fabriquer notre intention, Ă©coutons notre petite voix intĂ©rieure. đ«
Lâinvocation Ă Patañjali đ
Lâinvocation Ă Patañjali, en dĂ©but de sĂ©ance, fait certainement partie de la marque de fabrique du yoga IyengarÂź. MĂȘme si elle peut ĂȘtre complĂ©tĂ©e par dâautres mantras, elle fait partie du rituel de dĂ©but de sĂ©ance.
Lâhistoire dit que B.K.S. Iyengar a prĂ©fĂ©rĂ© remplacer lâhommage au Guru (lui) par un hommage Ă Patañjali, le sage qui a compilĂ© les Yoga Sutra. Dans ses 196 aphorismes, Patañjali a systĂ©matisĂ© et codifiĂ© une tradition yogique dĂ©jĂ existante. Il dĂ©crit le chemin vers la maĂźtrise du mental et la libĂ©ration.
En cela, le yoga IyengarÂź est fermement ancrĂ© dans la tradition. Dâailleurs, Ă Pune, un Yoga Sutra sâinvite souvent dans les cours. Câest une rĂ©fĂ©rence vivante et toujours actuelle.
Lâinvocation se divise en deux parties :
1. Yogena cittasyaâŠ
Yogena cittasya padena vÄcÄáč
Malaáč ĆarÄ«rasya ca vaidyakena
YopÄkarottaáč pravaraáč munÄ«nÄáč
Patañjaliáč prÄñjalir Änatoâsmi.
Traduction :
Je mâincline avec respect devant Patañjali,
le plus éminent des sages,
qui a apportĂ© un remĂšde aux impuretĂ©s de lâesprit par le yoga,
aux impuretés de la parole par la grammaire,
et aux impuretés du corps par la médecine.
Ce que je trouve intĂ©ressant, ce sont les deux premiĂšres lignes qui prĂ©sentent trois dimensions : corps â parole â esprit, trois domaines de purification et de connaissance qui reprĂ©sentent finalement une vision trĂšs proche dâune conception traditionnelle de la santĂ©.
Alors, quand on chante :
Yogena cittasyaâŠ
« par le yoga, les impuretĂ©s de lâesprit »
puis :
Malaáč ĆarÄ«rasya ca vaidyakena
« les impuretés du corps par la médecine »
on peut entendre le Yoga et la médecine comme deux voies de soin et de purification complémentaires.
Câest lĂ que je retrouve la complĂ©mentaritĂ© Yoga et AyurvĂ©da. La boucle ne serait-elle pas bouclĂ©e ici ? đ
La deuxiÚme partie décrit Patañjali :
2. ÄbÄhu puruáčŁÄkÄraáčâŠ
ÄbÄhu puruáčŁÄkÄraáč
Ćaáč khacakrÄsi dhÄriáčam
sahasraĆirasaáč Ćvetaáč
praáčamÄmi Patañjalim.
Traduction :
Je salue Patañjali,
dont la forme humaine sâĂ©tend jusquâaux Ă©paules,
qui tient la conque, le disque et lâĂ©pĂ©e,
blanc, avec mille tĂȘtes.
Franchement, si vous ne retenez pas le sens, ce nâest pas grave, car il suffit dâĂ©couter en chantant. Cela ne vient pas du jour au lendemain. Il faut peut-ĂȘtre un peu de pratique pour ressentir le pouvoir vibratoire des mots sanskrits.
Dans une pratique traditionnelle de yoga, le mantra agit aussi par sa sonoritĂ©, sa rĂ©pĂ©tition, son rythme et les vibrations produites dans le corps â mĂȘme lorsque lâon ne comprend pas intellectuellement les mots.
En dĂ©but de sĂ©ance, la rĂ©citation de lâinvocation Ă Patañjali (ou dâun autre mantra) peut ainsi ĂȘtre ressentie comme clarifiante, harmonisante ou purifiante. Jâinvite dâailleurs toujours Ă observer comment on se sent aprĂšs lâinvocation.
Dâailleurs, jâai remarquĂ© la prĂ©dominance des A dans lâinvocation : 52 en tout, 40 a courts et 12 Ä longs. Et ces rĂ©pĂ©titions de A contribuent Ă lâancrage et Ă la stabilitĂ©. Tout du moins, selon mon ressenti.
Alors, vous voyez, le dĂ©but de sĂ©ance est busy đ avec Mudra + Sankalpa + Invocation + Pranayama.
Janu Sirsasana : faut-il chercher la symétrie ?
Janu Sirsasana est une posture emblĂ©matique du yoga, une incontournable et lâune des premiĂšres flexions avant que lâon enseigne.

đŸ ImaginezâŠ
Imaginez la position de ces femmes assises face Ă une meule en pierre, une jambe pliĂ©e pour ancrer le centre du corps et lâautre tendue pour stabiliser la posture. Pour moudre le grain, elles sâengagent vers lâavant dans un mouvement circulaire continu.
Câest toute lâessence de Janu Sirsasana : un ancrage puissant dans le sol et un mouvement vers lâavant qui vient pĂ©trir le ventre et assouplir les tensions.
âš LâasymĂ©trie de la posture
Il sâagit dâune posture asymĂ©trique. Jâai envie de dire quâil y a une asymĂ©trie naturelle, structurelle, liĂ©e au fait que lâon descend alternativement sur une jambe, puis sur lâautre.
Et puis, il y a une asymĂ©trie que lâon va chercher Ă minimiser : celle du sacrum qui se dĂ©cale vers lâarriĂšre du cĂŽtĂ© de la jambe pliĂ©e.
Aux dĂ©butants, on enseigne de garder le pied de la jambe pliĂ©e contre la cuisse : le genou est donc lĂ©gĂšrement vers lâavant et la cuisse ne forme pas un angle droit. Pourquoi ? Pour leur permettre de descendre davantage, plus facilement. Sinon, la descente peut sembler inaccessible et⊠dĂ©courageante.
Au fil du temps et de lâexpĂ©rience, on cherchera Ă ouvrir davantage la jambe pliĂ©e sur le cĂŽtĂ©. Câest Ă©videmment trĂšs bĂ©nĂ©fique pour lâouverture du bassin et du pli de lâaine.
âïž La mĂ©canique du sacrum
En revanche, cĂŽtĂ© dos, le sacrum du cĂŽtĂ© de la jambe pliĂ©e risque de se dĂ©caler. On a alors perdu lâĂ©galitĂ© dans la position du sacrum de Dandasana, la posture de rĂ©fĂ©rence pour les postures assises. Dommage !
Mais quâest-ce que cela signifie ?
Cela dĂ©montre finalement que le sacrum nâest pas mobile, que le bassin est plutĂŽt raide et bouge en « paquet ».
Câest pourquoi la mobilisation du sacrum est fondamentale dans les flexions avant : on doit pouvoir lui donner une forme concave, alors que la tendance naturelle est Ă la convexitĂ©.
Je sais, vous vous demandez comment un os aussi large peut prendre une forme concaveâŠ
En yoga, on ne sâarrĂȘte pas Ă ces considĂ©rations. Tout est possible, car il y a aussi toute cette dimension Ă©nergĂ©tique autour de la zone.
đ§ââïž Les Ă©tapes pour entrer dans la posture selon la mĂ©thode IyengarÂź
En yoga IyengarŸ, nous sommes trÚs clairs sur la méthodologie par étapes pour entrer dans la posture :
1. La position assise : les mains au sol ou sur le support pour Ă©tirer la colonne vertĂ©brale, ramener le sternum dans lâaxe de la jambe tendue et mobiliser le sacrum en pressant le genou au sol. On amorce dĂ©jĂ la mĂ©canique posturale.
2. Le dos concave : tout commence au niveau du sacrum qui doit sâabsorber. Imaginez que lâarriĂšre de la jambe tendue sâĂ©tire depuis le talon jusquâaux fessiers : il sâensuit lâabsorption du sacrum, qui initie la concavitĂ© de toute la colonne vertĂ©brale.
Par un effet de vases communicants, si le sacrum sâabsorbe, la poitrine sâouvre et monte. Quand je vois des poitrines lourdes, fermĂ©es ou tombantes, je sais quâen gĂ©nĂ©ral le sacrum est mal positionnĂ© et que le bassin est bloquĂ©.
3. La flexion avant : elle est amorcĂ©e Ă partir du point source : les plis des aines. On pose dans lâordre lâabdomen, les cĂŽtes, la poitrine, et la tĂȘte en dernier.
đĄ Le secret du menton en avant
Je ne comprenais pas pourquoi B.K.S. Iyengar amenait le menton en avant. Cela me semblait ĂȘtre contre-productif pour la dĂ©tente cĂ©rĂ©brale.
En réalité, le menton en avant permet de descendre plus, mieux, et de recevoir les pleins bénéfices du massage des viscÚres.
Mais il y a une asymĂ©trie bĂ©nĂ©fique si on se tourne du cĂŽtĂ© de nos organes abdominaux. Le massage viscĂ©ral correspond Ă lâessence mĂȘme des flexions avant.
Pour beaucoup de pratiquants, cette posture de la tĂȘte aux genoux (janu = genou, sirsa = tĂȘte) consiste Ă venir toucher le genou avec sa tĂȘte. Rien nâest plus faux ni plus trompeur.
Dâailleurs B.K.S. Iyengar disait quâil sâagissait de la tĂȘte du genou de la jambe pliĂ©e que lâon doit presser au sol pour crĂ©er lâeffet de rotation du buste et lâancrage.
IdĂ©alement, la tĂȘte justement doit sâĂ©loigner du genou, vers lâavant, pour crĂ©er un Ă©tirement de lâavant du corps, prĂ©lude indispensable Ă la flexion avant.
đ Ce qui se joue au niveau de nos organes
Revenons Ă nos organes :
Quand la jambe droite est pliĂ©e, nous descendons sur la jambe gauche : dans la posture finale, on amĂšne davantage de compression et dâattention vers la rĂ©gion de la rate et de lâestomac.
Quand la jambe gauche est pliée et la jambe droite tendue, nous descendons sur la jambe droite : nous travaillons davantage sur la zone du foie et de la vésicule biliaire.
Quant au pancréas : organe transverse, il est doublement gagnant car il profite de la flexion avant des deux cÎtés.
đ ïž Quand le buste reste pendu dans le vide : nos solutions
Soyons réalistes, pour beaucoup de pratiquants, débutants ou non, la compression viscérale ne peut se faire, le buste reste pendu dans le vide.
Certes, il y a une action sur les ischio-jambiers et sur la colonne vertébrale, mais sans bénéficier des bienfaits de la flexion avant.
Câest pourquoi Eka Pada Pavanamuktasana (une jambe pliĂ©e sur la poitrine, lâautre allongĂ©e) procure les bĂ©nĂ©fices des flexions avant autrement et confortablement. Adho Mukha Vajrasana (davantage connue sous le nom de Balasana), les deux jambes pliĂ©es, le front au sol, apporte Ă©galement le massage viscĂ©ral.
Sinon en Janu Sirsasana, nous avons quelques parades et ressources :
SurĂ©lever le bassin avec un support sous les fessiers : la gravitĂ© aide le bassin Ă basculer vers lâavant. Les viscĂšres descendent naturellement vers la cuisse au lieu dâĂȘtre comprimĂ©s vers la colonne.
Descendre progressivement la jambe tendue : il est possible de descendre étape par étape de maniÚre à ressentir la pression abdomen/cuisse, avant de laisser filer la jambe en avant et de perdre le contact.
Placer un bolster sur la jambe tendue (bolster longitudinal) : on permet Ă lâabdomen de se poser. Si besoin, on ajoute une ou plusieurs couvertures pour venir poser la tĂȘte.
âïž LâasymĂ©trie au service de lâĂ©quilibre
Vous voyez, câest prĂ©cisĂ©ment parce que la posture est asymĂ©trique quâelle nous rééquilibre.
En sollicitant sĂ©parĂ©ment et alternativement le cĂŽtĂ© droit puis le cĂŽtĂ© gauche, nous respectons lâorganisation unique de notre ventre. Nous laissons le temps Ă chaque zone de recevoir la pression, de se dĂ©tendre et de dĂ©lier ses tensions propres.
Câest en harmonisant ces deux cĂŽtĂ©s distincts que nous retrouvons notre centre.
â±ïž Le temps comme facteur de soin
Vous comprenez aussi pourquoi les flexions avant ne se pratiquent pas (idĂ©alement) en mode « kiss and fly » ! đ
En maintenant la posture au moins une minute de chaque cÎté, elle retrouve toutes ses vertus de soin profond.
đ Lâunion de la flexion et de la torsion
Dâailleurs, je termine en vous prĂ©cisant que Janu Sirsasana prĂ©sente une spĂ©cificitĂ© trĂšs intĂ©ressante : câest lâune des rares postures oĂč la flexion avant sâassocie Ă une lĂ©gĂšre torsion axiale de la colonne.
Quand on presse le genou de la jambe pliĂ©e pour ramener le nombril dans lâaxe de la jambe tendue, cela crĂ©e une micro-torsion en flexion. Cela produit un effet assez unique de fermeture et dâouverture sur les canaux Ă©nergĂ©tiques latĂ©raux :
Ida (à gauche : énergie lunaire, féminine, repos)
Pingala (à droite : énergie solaire, masculine, action)
Cela apaise le mental de maniĂšre bien plus rapide et profonde quâune flexion symĂ©trique classique comme Paschimottanasana.
Qui lâeĂ»t cru ? đ
â°RV Ă Roquefort les Pins ou en ligne Ă 18H30 đ âŹïž
Ce soir, on regarde Janu Sirsasana autrement.
Une posture que vous connaissez peut-ĂȘtre dĂ©jĂ , mais qui rĂ©serve encore quelques surprises⊠notamment autour de la symĂ©trie, de lâasymĂ©trie et de la façon dont celles-ci peuvent nous aider Ă retrouver notre Ă©quilibre.Que vous la pratiquiez depuis longtemps ou que vous la dĂ©couvriez, venez explorer avec moi ce qui se joue vraiment dans cette posture.
Ă ce soir sur les tapis !
Vous pouvez aussi passer par le site internet :
Il est Ă©galement possible de tĂ©lĂ©charger lâapplication Bsport :
đż Les stages du dimanche Ă Mouans-Sartoux
Les stages du dimanche, de 9h30 Ă 12h30, sont Ă©galement planifiĂ©s pour lâannĂ©e.
Voici les dates et les liens pour vous inscrire. Ne tardez pas, car vous savez que les stagiaires en formation Uniyoga ont dans leur cursus 3 stages obligatoires avec moi (les pauvres ! đ ).
Par conséquent, ils vont se remplir vite !
20 Septembre (câest celui qui vient!) => Je mâinscris ICI
29 Novembre => Je mâinscris ICI
20 DĂ©cembre => Je mâinscris ICI
31 Janvier 2027 => Je mâinscris ICI
28 FĂ©vrier 2027 => Je mâinscris ICI
25 Avril 2027 => Je mâinscris ICI
6 Juin 2027 => Je mâinscris ICI
âïž Et dĂ©jĂ lâĂ©tĂ© 2027âŠ
MĂȘme si cela vous semble trĂšs loin, et ça lâest, je vous informe quâil nây aura quâun seul stage dâĂ©tĂ© en juillet 2027, selon le format habituel (une session le matin, une session lâaprĂšs-midi sur 5 jours), du samedi 10 au mercredi 14 juillet. RĂ©servez vos dates!
Vous ĂȘtes toujours lĂ ? đ
Alors vraiment, merci !
Merci de me lire, de me suivre, de participer Ă mes propositions et de faire circuler cette newsletter autour de vous.
Si vous pensez quâelle peut intĂ©resser quelquâun, nâhĂ©sitez pas Ă la partager.
Merci dâĂȘtre lĂ . đ
Amicalement

Isabelle
PS : Si cette rentrĂ©e vous donne envie de prendre soin de vous autrement, voici le programme et le lien pour prĂ©-rĂ©server la cure ayurvĂ©dique au Kerala, du 27 mars au 12 avril 2027. đż



