Les secrets des Bandhas dévoilés : le guide complet 🧘✨
Maha Mudra : Le Grand Sceau-Saut 😅
Chère yogini, cher yogi,
Ici, on dit que le mois de mars est le mois des fous. Le temps est tellement changeant : chaud, froid, sec, humide (très très humide), et du vent à gogo. Je ne sais pas si ces aléas climatiques rendent fou, mais je constate beaucoup de fatigue autour de moi. Comme si notre énergie s’éparpillait au gré du vent.
Peut-être en réponse à cette dispersion, ou parce que nous arrivons à la fin du mois, j’ai décidé d’approfondir avec vous les Bandhas. Ou plutôt de vous apporter un éclairage. Les Bandhas : qu’en savez-vous vraiment ? Si vous connaissez les noms des trois principaux, c’est déjà bien. Si vous avez identifié leur localisation, encore mieux. Et si vous comprenez leurs fonctions... alors, vous êtes au top !
Aujourd’hui, j’ai envie de vous dire - hélas-, on “se sert” du yoga et de ses outils. On fera telle posture, telle asana, telle séquence “pour” atteindre un objectif, pour répondre à un besoin immédiat et concret, alors que le yoga est bien plus grand que cela en tant que chemin vers la libération. Bon. Ceci étant dit, je pense que les sages yogi nos ancêtres ont pratiqué et trouvé des moyens naturels pour se maintenir en bonne santé physique mentale et émotionnelle.
Les Bandhas font partie de cet « outillage yogique » indispensable pour contenir, canaliser et décupler notre énergie vitale au lieu de la laisser s'échapper.
Ceci dit, cela ne vous semble-t-il pas un peu abstrait ? Comment notre énergie s’échappe-t-elle vraiment ?
🏡 La Maison Intérieure : Se rassembler face au vent
Imaginez votre corps comme une maison : si vous laissez les portes et les fenêtres grandes ouvertes par un vent de mars, la chaleur va s’évaporer et l’humidité va s’inviter chez vous. Nos ancêtres les yogis avaient compris que nous perdons notre vitalité par nos « pôles » ou extrémités : le sommet (la gorge/tête) et la base (le périnée), mais aussi par nos mains et nos pieds (nos antennes vers l’extérieur).
En activant nos verrous, les Bandhas, nous ne faisons pas que fermer les fuites pour rester « chargés » comme une batterie neuve ; nous devenons aussi plus imperméables aux agressions extérieures. C’est notre bouclier contre la fatigue.”
🛠️ Bien plus qu’un verrou : un tuteur pour notre pratique
Au-delà de l’aspect énergétique, les Bandhas sont nos meilleurs alliés pour trouver notre alignement. C’était le cœur de ma démonstration en cours cette semaine. Vous connaissez l’expression « tous les chemins mènent à Rome » ; en yoga Iyengar®, nous multiplions les points techniques pour éviter la « fuite » de certaines parties du corps. Nous cherchons, par ces ajustements, à éviter que notre corps ne s’éparpille dans l’espace, à l’image de notre mental. Nous recherchons la pureté de la forme : la Rupa. Habituellement, ces indications portent sur les os et les muscles. C’est ultra concret.
Mais cette semaine, je me suis amusée (ça m’arrive !) à limiter ces instructions anatomiques au strict minimum. Dans Parivrtta Trikonasana (le triangle retourné), par exemple — cette posture si propice à la dislocation dans l’espace — je me suis concentrée uniquement sur les Bandhas :
Mula Bandha pour gainer le bassin de l’intérieur et créer cet effet propulseur d’étirement vers le haut.
Uddiyana Bandha pour « plaquer » les organes vers la colonne et faciliter la rotation du buste, et par ricochet, la rotation de la tête..
Le résultat était bluffant 🤩 : il y avait si peu, voire rien, à corriger ! C’est un phénomène rare dans une posture qui renverse autant nos repères.
Même constat pour Vrksasana, l’arbre. L’enjeu de l’équilibre est complexe : on utilise le Drishti (le regard) pour se stabiliser, Pada Bandha (le verrou du pied) pour s’enraciner... mais c’est souvent insuffisant. Pourtant, en activant Mula Bandha pour fixer le bassin, on crée un véritable ascenseur qui nous permet de nous élancer dans l’espace. C’est tout l’essence de l’arbre : cet effet « ascensionnel-sensationnel » ! 😅
En résumé, avec les Bandhas, nous trouvons une structure interne :
Ils agissent comme des rails invisibles qui alignent notre colonne et stabilisent notre bassin.
Ils nous permettent de passer de la force musculaire superficielle (qui fatigue) à une stabilité profonde (qui nous porte).
Ils calment le mental en nous rassemblant au cœur de nous-mêmes.
🌿 Un boost pour notre santé (et notre moral)
En pratiquant les Bandhas, nous agissons concrètement sur notre physiologie :
Système immunitaire & lymphatique : Mula Bandha (le verrou de la racine) agit comme une pompe naturelle. En activant le plancher pelvien, nous stimulons la circulation de la lymphe pour aider notre corps à se défendre et à éliminer les toxines. Tout juste arrivés au printemps, ce n’est pas le moment de flancher !
Système digestif : Uddiyana Bandha (le verrou de l’abdomen) masse nos intestins, notre estomac et notre foie. C’est un remède radical contre la constipation et la lenteur digestive souvent liée à la fatigue de fin d’hiver.
Système hormonal : Jalandhara Bandha (le verrou de la gorge) exerce une légère pression sur les glandes thyroïde et parathyroïde. Cela nous aide à réguler notre métabolisme et notre température corporelle — précieux quand le temps change sans cesse en mars !
Santé du Dos & maintien viscéral : En créant une pression intra-abdominale, l’action conjointe de nos verrous soutient notre colonne vertébrale de l’intérieur. Ils « allègent » le poids sur nos vertèbres lombaires tout en offrant un soutien actif à nos organes. Voilà une méthode yogique précieuse pour prévenir le relâchement des tissus et la descente des organes (prolapsus), un enjeu souvent ignoré.
Un petit clin d’œil si vous pratiquez l’équitation 🐎: les Bandhas sont le secret de votre stabilité en selle. Ils vous permettent de faire corps avec le mouvement du cheval sans subir les chocs, tout en protégeant votre dos.
État psychologique : Dans le chaos de mars et la surchauffe professionnelle, les Bandhas nous offrent un véritable ancrage. Ils nous aident à transformer l’agitation mentale en une force tranquille. Nous ne sommes plus éparpillés, nous sommes rassemblés et mieux concentrés.
Naturellement, ces effets bénéfiques s'inscrivent dans la durée. Pas d’effet miracle instantané ici, même si, à l’issue d’une séance, le ressenti est toujours bien réel. C'est pourquoi j'aime tant explorer un thème sur toute une semaine : cela permet d’ancrer ces apprentissages pour qu’ils deviennent plus naturels par la suite. comme une évidence.
🎨 Un équilibre sur-mesure pour votre Dosha :
Les Bandhas agissent aussi comme des régulateurs bienfaisants et plus spécifiquement en fonction de votre constitution ayurvédique.
🌬️ Pour Vata (agitation, dispersion)
Mula Bandha sera votre ancre, éloignant les peurs et la dispersion en ramenant l’énergie vers la terre. On ferme la porte du bas. On crée un point fixe, un contact conscient avec le siège ou le sol. C’est cet engagement qui donne à Vata le sentiment de « revenir dans son corps ». On ramène l’énergie des pensées (en haut) vers le bassin (en bas). Une fois que Vata est « posé », l’ascension de Mula Bandha peut se faire de manière sécurisée.
Jalandhara Bandha agit comme un couvercle sur une casserole en ébullition ; il apaise le mental « vaporeux » et stabilise le système nerveux. En baissant la tête, l’effet de détente cérébrale est quasi immédiat à l’arrière du front. Avec Jalandhara Bandha, on débranche la pile ! 😅
💧 Pour Kapha (lenteur, lourdeur)
Uddiyana Bandha est le carburant qui lui fait parfois défaut. Il augmente Agni (le feu digestif), combat la stagnation lymphatique et redonne de la légèreté et de la motivation. Il « assèche » l’excès d’humidité printanière.
🔥 Pour Pitta (le bouillant, l’inflammable)
C’est là que cela devient subtil. Pitta a déjà beaucoup de feu. Les Bandhas pour lui ne servent pas à « chauffer », mais à canaliser.
L’équilibre des trois (Tri-Bandha) : Pour Pitta, les Bandhas servent à diriger la chaleur vers le canal central au lieu de la laisser s’échapper sous forme de colère ou d’inflammation.
Jalandhara Bandha sera son régulateur thermique. Le verrou de la gorge rafraîchit son système, calme l’ego ou l’esprit de compétition. On dit qu’il empêche le feu de monter trop haut vers la tête. De plus, le cerveau se rapproche du cœur, le centre émotionnel, ce qui permet à Pitta de se connecter à ses émotions. La chaleur de Pitta se transformera en douceur. Tout ce dont Pitta-fonceur a besoin. 😉
🙃 Bandhas et inversées
Vous avez compris que les Bandhas supposent une action de notre part, une direction qui dépend de notre volonté.
En Sirsasana (la posture sur la tête), Mula Bandha et Uddiyana Bandha sont induits. Ils se font naturellement, par le jeu de la gravité. C’est pourquoi c’est si bon, et c’est aussi pourquoi il faut rester pour laisser le processus agir. Si vous débutez en Sirsasana, vous n’aurez certainement pas accès à ces sensations car vous serez occupé-e à trouver votre centre, à peaufiner vos appuis. Vous vous concentrerez sur les actions physiques élémentaires pour acquérir de l’aisance dans la posture.
Si cette première phase d’apprentissage est derrière vous, vous aurez tout le loisir de vous concentrer sur vos sensations. Vous observerez alors cette aspiration douce et naturelle propre à Mula Bandha que vous pouvez accompagner mentalement pour son effet fixateur sur le bassin. Le plus époustouflant est la véritable vidange du bas-ventre, comme si les organes se « décrochaient ». Cela prend un peu de temps jusqu’à sentir que l’opération décrochage est terminée ou aboutie (si vous pratiquez régulièrement Sirsasana, cela peut aller assez vite).
Une sensation d’incroyable légèreté s’installe dans l’abdomen vidé. Les jambes aussi deviennent aériennes (même si, dans la phase d’apprentissage, on dit bien qu’elles doivent être puissantes comme en Tadasana et garder leurs propriétés d’organes d’action). Votre socle du haut du corps se renforce et se densifie. Tout du moins, ce sont mes impressions.
En Salamba Sarvangasana (la posture sur les épaules), le même phénomène se produit pour le haut du corps, avec le « plus » de Jalandhara Bandha qui s’exprime pleinement en Halasana (la charrue). Le calme intérieur s’installe. On entre dans son cocon. On expérimente Pratyahara, le retrait des sens. Naturellement, cela implique également une maîtrise des bases de la posture : une fois les contrariétés physiques gommées, on peut enfin rester avec aisance.
💨Bandhas et synchronisation du souffle
Me voici enfin sur les modalités pratiques : comment fait-on ? Je vous propose d’expérimenter les Bandhas dans la position assise de votre choix, Sukhasana au plus simple.
J’aime bien ajouter une Mudra. Cette semaine, Jnana Mudra, la Mudra de la sagesse et de la connaissance. C’est la même que Chin Mudra (pouces et index joints), sauf que les paumes de mains sont tournées vers le sol. On laisse les doigts se relâcher vers la terre. Il y a un effet « écoulement du trop-plein » avec la gravité que je trouve intéressant. Surtout, cette Mudra crée aussi un effet de cocon intérieur, comme si on entrait dans notre « planque secrète ».
Jalandhara Bandha: : le couvercle de la marmite
La traduction du nom sanskrit nous en dit long. Jala signifie « réseau » (ou eau/liquide) et Dhara veut dire « soutenir » ou « retenir ». Jalandhara est donc le verrou qui « retient le réseau » des énergies.
On dit aussi qu’il s’agit du verrou qui empêche le nectar de la lune (la fraîcheur du mental) de tomber dans le feu du soleil (le ventre) pour y être consumé.
Jalandhara Bandha consiste à baisser la tête d’une manière très particulière. On étire les bords de la nuque pour éviter cet effet de « cou de canard » vers l’avant 😅, intenable sur la durée. Quand on fait du Pranayama, et en particulier les rétentions (Kumbhaka), Jalandhara Bandha est obligatoire (désolée de paraître péremptoire !). Le menton se rapproche de la poitrine levée, comme si on se rengorgeait.
Bien sûr les cous longs sont désavantagés. Il faut tenir compte de l’anatomie de chacun.
Maintenant, j’arrive sur la synchronisation de l’action (baisser la tête) avec le souffle. Il existe trois options avec des effets physiologiques différents.
Selon votre Dosha ou votre condition du jour, vous aurez intérêt à en adopter une en pleine connaissance de cause. C’est pourquoi je vous détaille ici le « pourquoi » en sus du « comment ». C’est le yoga « multiple choice » ! 😅
1. Option “Détente” sur l’expiration (idéale Vata)
Sans surprise, c’est celle que j’enseigne le plus en bonne Vata que je suis. Elle crée un effet de « lâcher-prise » immédiat car l’expiration active le système nerveux parasympathique.
En début de séance, c’est très précieux pour faire le « SAS » avec sa journée. Jalandhara Bandha représente la transition parfaite entre le monde extérieur et l’univers sur le tapis.
Cette option comporte toutefois un inconvénient : la perte de structure de la posture (poitrine qui s’affaisse, haut du dos qui sort). Il s’agit donc d’un lâcher-prise sous contrôle des omoplates qu’on doit imaginer en poussée vers l’avant et vers le haut, en même temps que l’on baisse la tête.
2. Option “motrice” sur l’inspiration (idéale pour Kapha) 💧
On baisse la tête pendant que la poitrine monte activement à la rencontre du menton. L’inspiration est une action ascendante et dynamisante, parfaite pour Kapha qui a une tendance naturelle à l’affaissement et à la lourdeur. Ce mouvement d’ouverture du cœur combat la léthargie.
Cette méthode illustre également le concept des opposés : la tête descend et le souffle monte avec la cage thoracique. Il s’agit là d’une approche plus active, plus posturale.
3. Option “maîtrise” en rétention poumons pleins (idéale pour Pitta) 🔥
On inspire profondément, puis on baisse la tête en rétention poumons pleins (Antara Kumbhaka).
Je sais, vous imaginez certainement que le Pitta enflammable va exploser 😅. En réalité, le sceau de la gorge agit comme un régulateur thermique en empêchant la chaleur de monter aux yeux et au cerveau.
La rétention demande à Pitta toute son attention pour contenir cette énergie sans qu’elle n’éclate en tension ou en impatience. Le « feu » de Pitta se transforme en concentration pure et froide. C’est puissant, mais c’est exactement ce qui lui convient !
Il paraît que c’est l’usage classique dans les textes traditionnels. Je l’ai déjà expérimenté spontanément car c’est bon pour mon « Pitta contrôleur » 😉 (et oui, je suis Vata-Pitta).
Cerise sur le gâteau : cette option prépare le mieux à Maha Mudra, notre posture du jour.
🧱 Mula Bandha : “l’ascenseur” sur l’inspiration
Mula signifie « racine », « base » ou « fondement ». C’est le verrou de la source.
J’évite volontairement le mot « contraction » qui me semble trop dur, trop fort, bref inapproprié pour ce qui relève davantage d’un mouvement énergétique subtil que d’une action musculaire physique. Imaginez plutôt une aspiration, comme si vous «inspiriez» directement par cette zone de la base. En yoga, nous faisons des choses extraordinaires. Rien ne dit que l’inspiration ne peut se faire que par le nez ou la bouche 😅.
Homme et femme : quelle différence ?
Cette aspiration est subtilement différente selon notre anatomie. Excusez-moi de rentrer dans ces détails, mais nous sommes entre nous n’est-ce pas ? Et absolument sans tabous 😉.
Pour les femmes : le point de départ de l’aspiration se situe au centre du plancher pelvien. Elle remonte plus profondément jusqu’au niveau du col de l’utérus.
Pour les hommes : le point de départ est le centre du périnée. L’aspiration remonte verticalement vers l’intérieur du bassin.
Dans les deux cas, cette aspiration se fait au centre de la colonne vertébrale où siège notre principal Nadi (canal d’énergie), la Sushumna : notre chouchoute ! 😅 Son nom a beaucoup fait rire mes élèves mardi en cours bases. J’en étais surprise moi-même ! Puisque c’est l’autoroute de votre énergie, cela mérite d’être évoqué très tôt par son petit nom sanskrit rigolo.
L’aspiration aboutit à une sensation très concrète et néanmoins subtile de rapprochement des ischions (les os des fessiers). En revanche, les « fessiers en noix de coco » 🥥 indiquent clairement que vous êtes allés trop loin !
Le petit secret de la redescente : Une fois l'aspiration bien installée, vous avez deux options. Soit vous relâchez doucement juste avant d'expirer, soit vous essayez de maintenir Mula Bandha pendant l'expiration (le fameux "engagement constant").
🧹 Uddiyana Bandha : l’aspirateur à poumons vides
Uddiyana signifie « s’envoler » ou « s’élever ». C’est le grand moteur de transformation de notre feu intérieur.
Uddiyana Bandha à poumons vides (Bahya Kumbhaka) après une expiration complète est certainement le Bandha le plus spectaculaire. Cela consiste à absorber les organes du ventre vers le dos (en arrière) et vers le haut (sous les côtes). C’est l’outil ultime pour stimuler votre feu digestif (Agni).
Vos postures « Laboratoires » 🔬
En position assise, c’est un exercice assez difficile à ressentir au début. Pour l’apprivoiser, je vous propose deux terrains d’expérimentation :
Adho Mukha Svanasana (le chien tête en bas) : C’est la posture idéale pour débuter. J’ai presque envie de dire que ça se fait tout seul ! La gravité aide grandement à percevoir ce mouvement d’enroulement des organes vers l’arrière et le haut.
Uttanasana (la pince debout) : Si on enchaîne avec cet étirement intense, ce phénomène d’enroulement étonnant et déroutant est encore plus perceptible. On a l’impression d’avaler son ventre !
Attention à l'atterrissage ! C'est le point le plus important pour ne pas brusquer votre diaphragme : relâchez Uddiyana Bandha AVANT d'inspirer. On relâche d'abord la pression abdominale, on laisse le ventre reprendre sa place, et seulement après, on laisse l'air entrer.
🪶 Le secret des Bandhas : la douceur avant tout
Ouf ! Il me semble vous avoir dit l’essentiel. De la manière je l’espère la plus concrète qui soit pour vous aider à apprivoiser ces outils yogiques secrets, parfois galvaudés et survolés.
J’ai quand même oublié un point essentiel : leur douceur.
Lorsque j’entends certains enseignants dire (pas les Iyengar 😉 qui évoquent très peu les Bandhas dans une séance posturale) : « Serrez les Bandhas », moi, cela me fait grincer des dents 😬. Naturellement, pour des débutants qui sont en cours d’appropriation de leur propre corps, la contraction un peu forte rend l’action concrète et perceptible.
Mais n’oublions pas que les Bandhas sont des verrous énergétiques. Nous sommes dans le registre du subtil (pas de la « gonflette » des biceps 😂). Qu’il s’agisse de placer le couvercle, d’actionner l’ascenseur ou de laisser agir l’aspirateur, cherchez la nuance. C’est dans cette économie d’effort que la magie opère et que l’énergie circule vraiment.
⚠️ Précautions & Contre-indications
Même si nous sommes dans le registre du subtil, cela n’exclue pas la puissance, bien au contraire.
Ne pratiquez pas les Bandhas (et surtout Maha Mudra) dans les cas suivants :
Pendant les lunes (les règles): On évite d’inverser le sens de l’énergie (Apana) qui doit s’écouler vers le bas.
Grossesse : Les pressions sur l’utérus et les rétentions de souffle sont à proscrire absolument.
Hypertension ou problèmes cardiaques : La rétention poumons pleins (Antara Kumbhaka) fait grimper la pression artérielle.
Glaucome ou pression oculaire : Le verrou de la gorge (Jalandhara) et la rétention peuvent augmenter la pression dans la tête.
Problèmes intestinaux aigus : Si vous avez une inflammation (hernie, ulcère, chirurgie récente), on oublie Uddiyana Bandha.
Si vous ressentez une tension dans les oreilles, une rougeur excessive au visage ou un martèlement dans les tempes, c’est que vous avez forcé. Relâchez tout et respirez normalement.
👑 Maha Mudra : Le Grand Sceau
J’avais presque envie de vous écrire le Grand Saut ! Nous y voilà !
Maha : signifie « Grand », « Vaste » ou « Suprême ».
Mudra : signifie « Sceau », « Fermeture » ou « Signe ».
C’est ici que tout s’assemble. On s’assoit, on tend une jambe, on plie l’autre, on attrape son gros orteil... et on active le Tri-Bandha.
🛠️ Le protocole du Grand Sceau : l’ordre de marche
Pour ne pas s’emmêler les pinceaux, je vous propose de procéder par étapes :
Étape 1 : On pose le cadre (Le Couvercle) Une fois installé dans la posture (talon au périnée, saisie de l’orteil ou d’une ceinture derrière le pied), on place Jalandhara Bandha. Ce couvercle reste scellé tout au long de l’exercice pour contenir l’énergie.
Étape 2 : L’allumage Inspirez profondément. À la fin de l’inspiration, poumons pleins (Antara Kumbhaka), actionnez simultanément :
L’Ascenseur (Mula) : l’aspiration subtile de la base.
Le Bouclier (Uddiyana) : le placage du nombril vers le dos.
Le déverrouillage : C’est ici que la douceur intervient (🪶). Pour sortir de la rétention, vous avez le choix :
Soit vous relâchez d’abord la base et le ventre, puis vous redressez la tête pour expirer.
Soit, pour plus de fluidité, vous redressez la tête tout en relâchant les trois verrous en même temps, juste avant de laisser l’air s’échapper. C’est comme si on ouvrait toutes les vannes d’un coup pour laisser l’énergie circuler partout.
La petite subtilité qui change tout... 🧐
Comme vous le voyez, Maha Mudra n’est pas l’application exacte de ce que nous avons vu plus haut. C’est ce qui peut apporter un peu de confusion : ici, les verrous sont réalisés à poumons pleins. Une véritable bombe énergétique !
À tel point que dans le Hatha Yoga Pradipika, Svatmarama vante cette posture comme capable de vaincre toutes les maladies et même la mort. Rien que ça ! 😅
Un point me trouble (un peu 😉) : dans ce texte fondateur, Svatmarama ne décrit pas explicitement Uddiyana Bandha. Certes, les descriptions des postures sont minimalistes et réduites aux actions clés. Cela accrédite la théorie du bouclier, du placage du ventre vers le dos, de manière induite par l’action conjointe de Mula Bandha et Jalandhara Bandha. L’action physique de tracter la jambe dans le bassin aide aussi à ce mouvement naturel de recul abdominal.
Le mot de la fin... pour aujourd’hui 🪶
Je reconnais que ce dossier est « un peu » technique. Nous sommes ici au cœur du yoga, là où la pratique devient alchimie. Peut-être est-ce trop pour vous aujourd’hui ? Trop à lire, trop à intégrer ? C’est possible.
Mais demain ?
Tout cela mis ensemble peut constituer une base solide, une sorte de formation d’approfondissement pour les enseignants ou les pratiquants désireux de structurer leurs connaissances et leurs expériences. De mon côté, poser ces mots noir sur blanc, explorer ce qui me questionne et y trouver des réponses est essentiel. Cela allège ma charge mentale pour mieux vous transmettre de manière pédagogique et claire. Tout du moins, c’est mon vœu et ma quête.
Prenez ce qui résonne en vous maintenant, et laissez le reste infuser. Le yoga est un chemin de patience.
⏰On se retrouve ce soir à 18H30 😊 ⬇️
Prêt-e à mettre le couvercle sur la marmite ? 🍯 À prendre l’ascenseur ? 🧱 À passer l’aspirateur et enfiler votre bouclier ? 🧹🛡️
Alors venez cuisiner vos bandhas dans Maha Mudra.
Une séance… bandante ! 🤭
Vous pouvez aussi passer par le site internet :
Il est également possible de télécharger l’application Bsport :
N’oubliez pas de vous inscrire au stage du dimanche le 14 juin à Mouans Sartoux de 9H30 à 12H30
Le planning des cours est à jour jusqu’à fin juin! Il sera suceptible de quelques aménagements notamment au mois de mai. Planifiez vos cours sans limite 😊
Le Grand Saut... vers la Liberté ! 🕊️
Si vous avez aimé “mettre le couvercle sur la marmite”, imaginez maintenant pratiquer sans aucun plafond au-dessus de vos têtes... 🌳
J’ai décidé de ne pas freiner mon élan : je quitte le cocon du studio pour vous emmener respirer avec les éléments. 4 matinées de pratique immersive, décontractée et totalement libérée.
Thème : La Liberté 🕊️
Quand : 11, 12, 13 et 14 juillet (8h30 - 11h30)
Où : Bois communal du Rouret
Participation : 50 € d’arrhes à la réservation (puis 90 € sur place).
Ne tardez pas à sceller votre place !
Le vrai mot de la fin... ✨
Pour le coup, nous voici à la fin de cette newsletter. Comme je pars en Inde avec le groupe du 10 au 27 avril, je vous en ai écrit long, en espérant aussi ne pas avoir pris trop d’espace.
Confiez-moi vos impressions et ressentis si ça vous dit, je vous lirai avec joie. Et si mes écrits vous inspirent, merci de les partager ! 🙏💌
Amicalement
Isabelle






