✨ Révélation de la semaine : Mudra, Asana et Bandha
🕊️ Eka Pada Rajakapotasana : pigeon ou colombe ?
Chère yogini, cher yogi,
Avant tout, voici mon paysage du matin. Soleil émergeant et arbres coquins. 🌞🌳
Je reviens vers vous avec la petite révélation de la semaine.
Je précise “petite” parce qu’il y a quand même une hiérarchie. Celle de la semaine dernière était plus grosse 😊.
Le yoga est tellement riche et palpitant que notre chemin est pavé de révélations ou d’émerveillements. Tout du moins le mien.
Et j’espère qu’il en est ou sera de même pour vous.
Révélation Mudra de la semaine
Si vous nous rejoignez, je commence par une définition du mot Mudra :
sceau
empreinte
geste qui scelle une intention
En résumé, Mudra signifie littéralement « sceau » : un geste qui fixe une direction et laisse une empreinte intérieure. En yoga, une Mudra (on peut dire un Mudra également) est une action précise qui influence la circulation de l’énergie et l’état de conscience.
Ce n’est pas forcément un geste des doigts (Hasta Mudra).
Khecarī Mudrā (nous l’avons pratiquée il y a deux semaines) n’engage pas les mains. Il s’agit d’une action de la langue retournée vers l’arrière, le bout de la langue à la jonction du palais dur et du palais mou (essayez si cela vous semble obscur).
Cela peut être une posture entière, par exemple Maha Mudra (une posture assise) ou même Viparita Karani, que vous connaissez bien.
À l’origine, Viparita Karani était présentée comme une Mudra dans le Hatha Yoga Pradipika, texte de référence pour les yogis. Il y est question de transformation du fonctionnement interne, d’influence sur le vieillissement et sur l’épuisement. Cela devient donc une technique énergétique, et non une “simple” posture “restaurative”. D’après ce qui m’a été enseigné, Viparita Karani, dans le Hatha Yoga Pradipika, s’entend au sens large et englobe l’ensemble des postures inversées. Il ne s’agit donc pas uniquement de la posture que vous connaissez — les jambes levées contre le mur, les fessiers en élévation sur un bolster.
Dans la Gheranda Samhita (un des trois grands traités fondateurs du yoga), Viparita Karani est également mentionnée comme mudra importante. Elle est associée à la régulation des fluides interne, au feu digestif, à la vitalité et à la longévité.
On est donc encore dans une logique d’action, pas de relaxation.
D’ailleurs (je m’égare un peu 😉), vous savez que j’ai recommandé à mon papa (aujourd’hui dans sa 96ème année) de pratiquer cette posture tous les jours.
Je n’ai pas manqué de lui citer le Hatha Yoga Pradipika, qui évoque la jeunesse éternelle pour qui la pratiquerait plusieurs heures par jour.
Il la pratique avec fidélité (oui, on peut être fidèle à une posture ! 😅), au minimum 30 minutes tous les soirs.
Je vous fais une confidence : selon mon ressenti, papa n’était pas véritablement programmé pour le grand âge. Sportif de haut niveau, Pitta +++, il a beaucoup “tiré sur son système”.
Mais il a aussi toujours été instinctif et à l’écoute de son corps.
Je ressens très clairement qu’il prolonge sa vie, jour après jour, grâce aux rituels yogiques.
Pour terminer, je lui ai aussi “prescrit” à papa les Pavana Muktasana (Dvi et Eka) : les jambes ou une jambe pliée sur la poitrine.
Il les pratique tous les matins (parfois il les oublie…), minimum 15 à 20 minutes. Parfois, il “pousse” jusqu’à 45 minutes (15 minutes par jambe et 15 minutes les deux jambes). Il est très volontaire et courageux.
Dans les textes, c’est clair, Pavana Muktasana (qui fait partie des “grands guerisseurs” en yoga thérapie) est une asana et non une mudra.
Toutefois, si la posture est pratiquée autrement, avec une intention prioritaire autre que l’alignement postural, comme une action de scellement, alors on peut certainement dire qu’elle remplit la fonction d’une mudra. C’est peut-être une extrapolation de ma part, une extension un peu « border line yoga », mais voilà où ma réflexion et mes ressentis m’amènent.
Je fais beaucoup appel au ressenti dans mes cours, notamment au retour des postures.
S’il y a un effet avant/après intérieur net, alors on peut dire que la posture a été réalisée comme une mudra, avec le souffle dirigé et un scellement.
✨Ma première révélation ou auto‑éclaircissement : beaucoup d’asana peuvent être pratiquées comme des mudra.
Mudra & Asana
Concrètement, dans Eka Pada Pavana Muktasana (une jambe pliée sur la poitrine, une jambe étirée au sol), si le focus porte principalement sur l’étirement de la jambe allongée et sur d’autres considérations d’alignement, ce sera une asana, car il y a une dispersion de l’attention liée aux contraintes d’alignement (même si cela nécessite de la concentration).
En revanche, si le focus prioritaire porte sur la direction du souffle vers apāna (dans le bas ventre), l’asana se transformera en mudra, même si elle n’en porte pas le nom.
C’est pourquoi pratiquer les postures deux fois est particulièrement intéressant :
=> la première fois, on cherche à atteindre la géométrie de l’asana ;
=> la deuxième, le corps se placera plus spontanément (on l’espère) dans la position juste, et il sera alors possible de se concentrer sur le souffle et cette action de scellement.
Si on reste un certain temps dans une posture, cela peut se faire successivement :
alignement prioritaire
puis, attention dirigée vers la direction du souffle, alignement en arrière-plan
✨Par conséquent, une asana peut fonctionner comme une mudrā selon la manière dont elle est pratiquée.
Je sais qu’il y a des enseignants de yoga parmi vous ainsi que des pratiquants expérimentés. Alors je devine l’émergence d’une question :
si les mudra ne concernent pas que les doigts, si ce sont des sceaux, alors les bandha ne seraient-ils pas aussi des mudra ?
J’essaie d’éclaircir cette intéressante question (merci d’y avoir pensé ! 😊) à la lumière de mes connaissances du moment.
Mudra & Bandha
Selon ma compréhension, un bandha est un verrou local qui agit dans une région précise du corps, avec un effet mécanique et énergétique. Petit clin d’œil ici aux apprentis enseignants qui évoquent souvent une « contraction » pour instruire un bandha. Cela pourrait induire en erreur : penser que le bandha n’est qu’une action musculaire interne, en oubliant l’aspect énergétique. Personnellement, s’il fallait oublier quelque chose, ce serait davantage cet aspect d’action physique, pour privilégier la subtilité de la dimension énergétique du bandha.
Je vous cite les trois principaux bandha ici :
Mūla Bandha : verrou du plancher pelvien
Uḍḍīyāna Bandha : aspiration de l’abdomen vers le dos et vers le haut
Jālandhara Bandha : verrou de la gorge
On les pratique en pranayama pour contenir, sublimer, le prana et éviter sa “fuite” vers le haut et/ou vers le bas.
Dans certaines postures, comme les extensions arrières simples, Mula Bandha est indispensable pour gainer le bassin de l’intérieur. Il aide bien sûr au mouvement énergétique vers le haut, mais agit aussi en protection du bas du dos en créant une stabilité locale.
Uddiyana Bandha s’avère très utile en retour des extensions arrières pour repulper le dos en ramenant les organes abdominaux vers l’arrière. Il est également utile — voire indispensable, et je dirais presque induit — dans les postures abdominales. Uddiyana Bandha rappelle que les organes du ventre ne doivent jamais être poussés en avant.
Si je résume : selon ma perception, les mudra engagent tout le corps, ou plusieurs systèmes du corps, à l’inverse des bandha qui correspondent davantage à des points d’action localisés.
Surtout, avec les mudra, il y a un avant et un après très perceptibles sur le plan du ressenti, que je ne perçois pas avec les bandha.
L’expérience Mudra de la semaine dernière
Pour la semaine des extensions arrières, j’avais choisi Chin Mudra, le geste de la conscience non restreinte, car elle est reliée à l’élément Air.
En vérité, je n’avais jamais proposé cette Mudra auparavant.
Pourquoi ? Sans me l’avouer, je la trouvais galvaudée.
Un peu caricaturale même, pour les non yogistes, qui simulent la zen attitude avec un sourire béat, index et pouces joints.😅
Ce n’est peut-être pas très avouable, mais je m’associe rarement à la pensée unique ou aux mouvements de foule.
Sans m’en apercevoir (le plus souvent), je tourne le dos à ce qui est trop convenu, trop évident.
Au passage, c’est certainement une des raisons de ma fidélité au yoga Iyengar®. Maître disruptif par excellence, B.K.S. Iyengar a suivi sa propre voie, avec des opinions et des méthodes qui lui sont propres et qui distinguent notre système de yoga des autres écoles.
Je choisis une mudra chaque début de semaine. Elle devient la mudra de la semaine. Cela signifie que je la répète chaque jour.
Certes, pour un temps assez court à chaque fois, mais la répétition en accroît les effets.
L’élément feu du pouce se joint à l’élément air de l’index pour créer un désir de paix intérieure. L’index incarne la conscience individuelle, le pouce représente la conscience suprême. L’index et le pouce qui se touchent symbolisent la fusion entre l’égo et l’universel. L’égo, dans la philosophie yogique, signifie que nous nous voyons séparés du reste du monde.
Au fil des jours, j’ai clairement perçu la “montée” de ce que j’ai appelé la globalité.
En début de séance, selon les postures, on sent en réponse une activation (ou chaleur) dans une certaine zone, puis une autre partie du corps, et ainsi de suite jusqu’à ressentir la globalité : le corps et le mental comme un Tout. Un état de fusion avec l’espace.
Chin Mudra fonctionne vraiment.
D’ailleurs, la forme ronde des doigts me fait penser que tout a une forme ronde dans notre corps : les os, nos cellules, nos orifices, nos organes…
Au même titre que l’arc-en-ciel, la ligne d’horizon, la lune, le soleil…
C’était ma “révélation” de la semaine.
Et vous savez quoi ? La sensation perdure.
C’est magique. C’est yoguique. 🌟
Sans transition, en parlant de la magie du yoga, je vous rapelle les réjouissances de l’été.
🌳Le stage immersion nature est ouvert à la réservation!
Cette idée d’immersion en nature, atypique en yoga Iyengar®, très “indoor” avec notre matériel, s’inscrit comme une urgence à réparer les effets de notre “enfermement” involontaire. Souvenez-vous que nous passons en moyenne 80 % de notre temps à l’intérieur. Et c’est néfaste pour notre santé.
Nous avons tous quelque chose à réparer, à libérer, à nettoyer, à assimiler, à accepter, à traverser, n’est-ce pas ? Alors ces quatre demi-journées s’inscrivent dans cette démarche de lâcher-prise, pour connecter notre être profond aux pouvoirs régénérants de la nature. J’espère que nous serons une joyeuse bande de yogis prêts à gober du prana en veux-tu en voilà ! 😊😅
Quand : 11, 12, 13 et 14 juillet
Horaires : 4 matinées de 8h30 à 11h30
Où : rendez-vous sur le parking du Bois communal du Rouret à 8h15
Thème : la liberté
🌿Quelques précisions
Rassurez-vous, vous ne serez pas complètement démuni(e) : tapis, briques et ceinture seront permis — et même recommandés.
Nous expérimenterons un yoga nomade, en explorant plusieurs “spots” au fil des jours.
Comme nous ouvrirons grand les bras pour embrasser l’air et absorber un maximum de prana, j’ai eu une idée: pourquoi ne pas élargir notre cercle de fidèles habitués ?
Et si vous partagiez cette expérience avec quelqu’un de proche ?
👉 Bring a friend 🧘🧘♀️
Si vous vous inscrivez avec une personne de votre entourage, 15 € seront déduits du solde pour vous et pour votre accompagnant.
Pour clarifier, cette invitation s’adresse à une personne :
– qui découvre Holiways yoga pour la première fois (première inscription sur le site)
– et qui pratique déjà le yoga (le stage n’est pas adapté aux grands débutants)
Participation
50 € d’arrhes à la réservation, puis 90 € le premier jour du stage.
✨ Un avant-goût de l’été…
Ce stage servira d’introduction au stage d’été traditionnel, qui se déroulera au studio à Roquefort-les-Pins, du samedi 18 au mercredi 22 juillet, sur le thème des 5 éléments.
🧘♀️ Le Stage au studio est complet pour les deux sessions en présentiel (matin et après-midi).
👉 Faites-moi signe si vous souhaitez être ajouté(e) à la liste d’attente.
💻 Bonne nouvelle !
Les sessions de l’après-midi (17h30 – 20h30) seront proposées en ligne.
Une belle opportunité de participer, même à distance.
🕊️Eka Pada Raja Kapotasana 🕊️
Pourquoi ne prendrions-nous pas cette liberté d’approcher cette extension arrière avancée ?
Pourquoi ne pas voyager au travers des asana, par petits bouts ?
Eka signifie un
Pada : la jambe ou le pied
Kapota : colombe ou pigeon
Si la posture fait référence à la poitrine qui se dilate comme celle d’un pigeon qui enfle son jabot, avant d’en arriver là, nous devons passer par l’étape du bassin.
Nous allons mettre en scène un muscle dont on parle bien peu : le muscle piriforme. Profondément caché dans la fesse, il se trouve sous le grand fessier et s’attache au grand trochanter (la protubérance à l’extrémité supérieure du fémur) et au sacrum. L’une de ses principales fonctions est la rotation externe du fémur. Le nerf sciatique passe sous ce muscle.
Notre colombe, ainsi que les préparations, permettront d’étirer mais aussi d’assouplir et de relâcher le muscle piriforme. C’est très bénéfique pour les personnes ayant une mobilité réduite des hanches !
Souvenez-vous : ce qui compte avant tout, c’est le chemin.
Alors, mettons-nous sur les rails 🛤️. On se décomplexe ! 😊
Libres comme des pigeons voyageurs, et en paix avec notre corps comme la colombe 🕊️.
⏰On se retrouve ce soir à 18H30 😊 ⬇️
Venez explorer Eka Pada Raja Kapotasana.
Une occasion unique, car cette posture apparaît assez peu dans les cours.
Les enseignants pensent qu’ils doivent la maîtriser pour l’enseigner… quelle idée ! 😅
La maîtrise des voies d’accès est ce qui nous intéresse en priorité aujourd’hui.
Vous pouvez aussi passer par le site internet :
Il est également possible de télécharger l’application Bsport :
Je vous donne les dates des deux stages du dimanche matin à Mouans Sartoux pour l’année:
15 mars
14 juin
Le planning des cours est à jour jusqu’à fin juin! Il sera suceptible de quelques aménagements notamment au mois de mai. Planifiez vos cours sans limite 😊
Merci pour votre lecture attentive. N’hésitez pas à me faire part de vos impressions, ressentis, quels qu’ils soient ! ✨
Et si mes écrits vous inspirent, merci de partager ! 🙏💌
Amicalement
Namasté
Isabelle
PS: Cette newsletter compte pour deux semaines! Il n’y aura pas cours la semaine prochaine. Je serai à Paris avec mes petits enfants 🚸👩👧👦💖








