TDAH et yoga Iyengar® : retrouver stabilité et ancrage
Janu Sirsasana : une flexion avant pour jouer à déjouer le mental 🙃
Bien chère yogini, bien cher yogi,
Tadam! Tadasana! TDAH! Quelle association d’idée bizarre entre le TDAH (Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) et Tadasana la posture de la montagne🌄 . À l’oreille, ça résonne presque pareil. En fait oui, il y a bien un lien de contrepoids car Tadasana incarne l’ancrage et la stabilité, comme un antidote au syndrome TDAH.
Malgré le tourbillon, la montagne reste stable
Je ne suis pas étonnée que le TDAH se soit imposé à moi (l’idée 😉), la semaine des flexions avant, des postures qui ancrent, calment le système nerveux, invitent à regarder vers l’intérieur. Un retour à soi. À la source. A notre source.
Et justement, parlons un peu de ce mot que l’on entend partout : TDAH.
🧠 Le TDAH : histoire et chiffres
Phénomène nouveau ? Une mode ? Un autre mot un peu galvaudé mais plus précis que “stress”? Le TDAH (Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) n’est pas une invention récente. Ceci dit, le terme “récent” relève d’une appréciation subjective.
On en parlait déjà il y a un siècle, sous d’autres noms : “enfant rêveur”, “toujours en mouvement”, “adulte désorganisé”.
Le terme officiel TDAH date des années 1980.
Je pensais que les enfants étaient les premiers concernés. En fait, non.
Aujourd’hui, on estime que 5 à 7 % des enfants et 2 à 4 % des adultes sont concernés
Autrement dit : le trouble existait avant le mot… mais il devient visible.
Je connais des parents qui m’ont dit avoir mis un nom sur ce dont ils souffraient suite au diagnostic de leur enfant. Avec une pointe de culpabilité: mais en fait, s’il est comme ça, c’est parce que je le suis aussi!
Sommes-nous tous un peu “TDAH”? 🙄
L’ennui, c’est que les symptômes sont plutôt communs: l’attention a du mal à se stabiliser, l’agitation est parfois visible… parfois uniquement intérieure.
Dit autrement : un système nerveux souvent en surchauffe. Franchement, c’est très courant!
💊 Et comment ça se traite ?
Le TDAH ne se soigne pas en une seule dimension : là aussi nous allons retrouver le “Utthita Trikonasana”, l’approche possible en 3 dimensions, notre fameux triangle thérapeutique. Tout dépend de l’intensité des symptômes et du degré de souffrance de la personne “TDAH” et de son entourage.
Pour que tout cela ne soit pas trop théorique, je vais vous raconter le témoignage de Yolanda que j’ai rencontrée au centre Ayurvédique en Inde au mois de septembre. Yolanda “est TDAH” . Elle est arrivée en vrac. Elle m’a fait quelques confidences sur son parcours.
1 — Les traitements médicaux (allopathiques)
Yolanda a testé les traitements médicaux pour le TDAH. On en parle peu mais ils existent.
Ils ne sont ni automatiques, ni systématiques (heureusement!).
👉 En général, on y a recours quand la personne souffre vraiment :
quand l’attention est tellement instable qu’il devient impossible de travailler, d’étudier ou de suivre une conversation
quand l’impulsivité déborde : paroles qui dépassent la pensée, gestes incontrôlés, conflits répétés
quand il y a une souffrance émotionnelle associée : épuisement, sentiment d’échec, estime de soi en chute libre
ou quand le TDAH a un impact fort sur les autres : famille, enfants, entourage professionnel
Dans ces cas-là, le traitement peut être un soutien temporaire ou durable, pour réduire le bruit mental, créer un peu de stabilité… et permettre ensuite un vrai travail de fond.
👉 Autrement dit : ce n’est pas “prendre un médicament pour aller mieux”, c’est parfois prendre un appui pour ne pas sombrer.
Concernant Yolanda, l’expérience allopathique n’a pas été concluante.
Elle n’arrivait plus à dormir et elle avait des colères. Elle prenait des somnifères pour dormir. Un cercle vicieux s’est installé. Elle faisait beaucoup de choses mais se sentait agitée de l’intérieur. Certaines personnes de son entourage ont également exprimenté des traitements médicamenteux. Sans entrer dans les détails, je peux vous résumer que les effets ont été très variables: pour certaines, une aide ponctuelle; pour d’autres, des effets secondaires difficiles à vivre.
Cela rappelle combien ces approches doivent être finement évaluées, personnalisées et accompagnées.
2 — L’accompagnement comportemental et psycho-éducatif
Là, on entre dans quelque chose qui me parle en tant qu’enseignante de yoga car nous savons que notre pratique vise à déprogrammer nos schémas automatiques et à restructurer le mental.
Il s’agit d’apprendre à fonctionner autrement avec un travail sur l’organisation du quotidien, la gestion du temps et de l’attention, les routines, la compréhension de ses propres fonctionnements (Svadhyaya, l’étude de soi et des textes, le deuxième axe constitutif du yoga selon les Yoga Sutras de Patanjali!)
Cet accompagnement peut être proposé par des psychologues, des neuropsychologues, parfois des psychiatres, et aussi des professionnels formés au TDAH chez l’adulte ou l’enfant.
👉 En clair : on n’essaie pas de “corriger” la personne, on l’aide à se connaître, se structurer, se réguler.
Yolanda m’a confirmé qu’une journée structurée l’a beaucoup aidée car “le TDAH se perd ou se disperse”. Je la cite: “avant tout, observer son fonctionnement et décider comment organiser son lieu de vie pour éviter de faire 36 allers et retours et chercher des heures des objets égarés. Faire un grand tri et sélectionner le plus important à garder! Mettre de l’ordre dans tout ce qui est gérable pour laisser du temps. La structure est un élément important qui construit une habitde rassurante pour le TDAH.”
3 — Yoga, corps, hygiène de vie (et Ayurveda 🌿)
La structure amène directement à l’hygiène de vie. Je continue avec Yolanda:
“Dormir assez car il (le TDAH) a tendance à se fatiguer plus vite - micro sieste! Heure de couché régulier- comme je rumine le soir j’écoute de la musique sur mon iPhone qui calme et m’endort- manger très tôt et léger ou chocolat chaud avant de dormir”.
Maintenant nous y voilà ! Le yoga et l’Ayurvéda entrent en scène.
Je vous précise que Yolanda est aussi enseignante de yoga. D’ailleurs, à la suite de son séjour au Nikki’s Nest, elle avait prévu une énième formation de yoga (une autre 200 heures), avec une enseignante qui l’avait inspirée. Elle m’avait aussi beaucoup parlé du pranayama. Elle avait trouvé un maître en Inde qui l’avait initiée. J’ai compris que Yolanda avait fait un gros travail de recherche, d’introspection mais aussi d’expérimentation.
Quand la pratique est adaptée à la personne, à son âge, à son état, et aussi à sa constitution ayurvédique, elle agit là où les mots ne suffisent plus
Voici son témoignage sur sa pratique de pranayama:
Je vous partage cela non pas comme un modèle à suivre, mais comme un exemple de recherche personnelle.
“Pranayama: excellent pour le TDAH mais pas forcément rentrer en méditation, mais l’apprivoiser, car je peux créer au début une crise de panique comme je l’ai vécu. Je commence par respiration simple puis respiration yogique. Puis je commence 3x kapalabhati. 1 à 3mn par session cela dépend de ma fatigue. Suit bastrika 100x entrecoupé avec respiration lente- ujjayi / 7x Nadi shodhana, après tu composes”.
Petite précision au passage: ne vous lancez pas seul-es dans ces exercices qui sont loin d’être anodins avec pour certains des contre-indications. Vous devez être guidé-e par un enseignant expérimenté.
A ce propos, je vous rappelle que mon amie Estelle a re-commencé depuis le début du mois de janvier des sessions de pranayama de 30 minutes tous les lundis et mercredis de 7H45 à 8H15 jusqu’au 30 juin hors vacances scolaires, pour 90€. Les sessions sont enregistrées et vous avez accès aux audios. Donc rien de perdu!
Estelle est la seule à proposer cela à ma connaissance. C’est une grande chance pour vous!
Voici son email: estelleyoga@live.fr
🌱 Ayurvéda & TDAH
Vous commencez à bien maîtriser les caractéristiques des 3 constitutions ayurvédiques (les doshas).
Si vous ne connaissez pas encore votre constitution Ayurvédique, je vous propose un test. Vous recevrez le résultat par mail ainsi qu’un extrait du livre Yoga enchanté Santé et Ayurvéda avec les consignes de pratique adaptées à votre Dosha.
Sans surprise, les profils Vata (rapides, créatifs, sensibles, enthousiastes) ont naturellement un mental très mobile. Pas de pathologie ici, juste un terrain sensible à la dispersion.
Ils ont besoin de lenteur, de stabilité, d’ancrage, de cadre, de répétition. Et c’est exactement ce que le yoga Iyengar® peut leur apporter
L’alimentation Ayurvédique a beaucoup aidé Yolanda (qui a fait beaucoup de cures). Un régime strict végétarien ou avec oeufs et poisson correspondent à ce qui lui convient le mieux.
Dans tous les cas, au fil des jours, j’ai constaté une évolution très nette de l’état de Yolanda. Je l’ai quittée alors qu’elle rédigeait des courriers compliqués (sur le plan émotionnel) sur son ordinateur. Elle était concentrée. Le cadre structuré de la cure, les soins, les massages, les traitements ont produit des effets très visibles.
🌿 Le yoga Iyengar® et le TDAH
Nous avons la particularité d’offrir un cadre clair : structure, alignement, temps de tenue des postures, respiration. Nos instructions répétées sont autant de moyens de fixer le mental. Je vois certaines élèves “chargées émotionnellement” me dire “je suis venue pour ne plus penser à rien pendant 1H30”. B.K.S Iyengar avait coutume de dire que le yoga “musclait nos nerfs”, tellement nous agissons sur le système nerveux. Le yoga Iyengar® est le plus souvent incompris: on ne voit que le physique sans en appréhender toutes les autres dimensions. Comprenez que nous ne forçons pas la concentration, nous mettons en place des techniques pour qu’elle émerge et se maintienne au delà du tapis (mais n’oubliez pas d’y revenir !😉)
👉 Une grande vérité se dégage: le corps organise le mental presque naturellement.
Je pourrais presque conclure que la pratique du yoga Iyengar® (régulière et engagée) peut jouer le rôle du “peuthe” 😅 (thérapeuthe) ou du “logue” (psychologue etc.), pour autant que la personne ne soit pas en état de crise totale car il s’agit d’un processus. Mieux, nous agissons à titre préventif.
Le yoga des éléments en régulation du TDAH
J’ai découvert la puissance et l’efficacité d’une pratique ciblée sur les qualités des 5 éléments qui composent l’univers et nous-mêmes (Ether, Air, Feu, Eau et Terre). Depuis plus de 5 ans, je peaufine et raffine (de l’anglais “refine” 😉) différentes techniques d’enseignement pour chercher à infuser les qualités des éléments qui nous font défaut. Bien sûr, je teste sur moi en priorité (vata - vata 😅). D’ailleurs, petite confidence au passage, le stage d’été du 19 au 23 juillet sera consacré aux éléments (faites moi signe si vous êtes intéressé-e, je vous enverrai l’information pour vous inscrire en avant-première). Le premier sur ce thème remonte à 5 ans, et c’est certainement celui que j’ai trouvé le plus transformateur et, disons-le, le plus thérapeutique .
Dans le cadre du TDAH (derrière ce raccourci comprenez “la personne qui souffre du TDAH”), sous l’emprise d’une invasion de vrittis (les perturbations du mental) une pratique “Terre” très ancrante, stabilisante et rassurante sera d’une grande aide. Et pour compléter, en deuxième rideau, une pratique élément “Eau” pour enlever la sécheresse, la dureté, et apporter de la fluidité.
Les vayus et le TDAH
Je reviens à l’Ayurvéda car les 5 vayus ( principaux) sont les souffles vitaux qui animent notre corps. Ils se caractérisent par une direction de mouvement et une localisation dans notre corps.
Je ne vous surprendrai pas si je vous dis que les TDAH sont des personnes très cérébrales (ça chauffe beaucoup là-haut): Udana vayu, l’énergie qui monte en spirale depuis la cage thoracique vers le cou et la tête, se trouve en déséquilibre (trop actif). Elle embarque l’espace des clavicules et les bras (les Vata “parlent” beaucoup avec des gestes des bras et des mains).
Sachant que les vayus fonctionnent en vases communicants, si Udana est trop actif, un autre vayu est trop faible. En général, il s’agit de Apana Vayu correspondant à l’énergie descendante et d’élimination qui a son siège dans le bas-ventre. Il convient donc d’activer Apana Vayu et de mettre en veilleuse Udana Vayu.
Les flexions avant excellentes pour le TDAH
Les flexions avant, par leur orientation vers l’intérieur, leur ralentissement, et la continuité qu’elles imposent, sont un vrai outil pour apaiser l’énergie dispersée, typique du TDAH ou d’un Vata dominant en Ayurveda 💨.
Elles relèvent d’une pratique “Terre”. Elles sont destinées naturellement à une tenue prolongée. Toutefois, attention, le TDAH peut vite s’angoisser, s’énerver, s’agiter s’il n’est pas prêt à canaliser son énergie. C’est pourquoi le plus souvent je crée des enchaînements “Eau” pour fluidifier. Je réserve la tenue prolongée à la fin de la séance quand le nettoyage s’est opéré, que la confiance et la stabilité (mentale) se sont installées.
Les torsions pour ramener dans le présent
Les torsions sont idéales pour “tordre le cou aux vrittis”. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais dans une torsion il est quasiment impossible de penser à autre chose, de se disperser. C’est pourquoi j’aime bien mixer flexions avant et torsions. La torsion améliore la flexion avant, et la flexion avant améliore la torsion. C’est le combo “gagnant-gagnant”. Bharadvajasana, une torsion ouverte, apporte en sus un petit goût d’extension arrière tellement libérateur.
🙃 Les inversées : impact sur le système nerveux
Vous le savez, j’en parle souvent : Sirsasana, Salamba Sarvangasana, Halasana.
Ces inversées :
modifient le retour veineux
stimulent le système nerveux autonome
régulent le tonus et l’attention
clarifient le mental
Elles complètent les flexions avant : là où l’une apaise par l’intériorisation, l’autre réorganise le système global.
C’est aussi une de nos “spécialités”: les inversées et leur tenue prolongée.
🧘Janu Sirsasana: la posture du jour
Janu Sirsasana, une flexion avant asymétrique, sera notre reine du jour.
Elle se prête merveilleusement aux torsions. L’asymétrie implique de se concentrer pour “rendre la posture asymétrique symétrique” (un concept yogique que j’adore). L’ouverture de la jambe sur le côté agit directement sur les zones basses de Apana (au niveau du bassin pelvien) et de Samana, la région abdominale, la zone sacrée, symbolique de la féminité, très élément Eau. On touche aussi la zone d’assimilation (plexus solaire et diaphragme), là où s’effectue le “tri” de ce que nous devons garder et lâcher.
Nous allons “jouer” avec la posture et même toucher Parivrtta Janu Sirsasana, histoire de se retourner le corps et le cerveau un peu plus.
En yoga Iyengar®, on dit que le mental est très fort, toujours prêt à feinter (limite vicieux le mental) et à jouer au malin. Tout ce que nous faisons vise à déjouer ses petites malices (et les grandes), pour nous poser, tout simplement.
J’ai utilisé le terme “jouer”, car les TDAH sont souvent malheureux et crispés, en proie à cette agitation permanente qui les mine, à leur rumination qui les ronge. La joie et les tours de passe passe posturaux ne peuvent que faire du bien! 😀
⏰On se retrouve ce soir à 18H30 😊 ⬇️
Bon, nous allons considérer le temps d’un jour que nous sommes tous un peu TDAH.
Vous pouvez aussi passer par le site internet :
Il est également possible de télécharger l’application Bsport :
Je vous donne à nouveau les dates des stages du dimanche matin à Mouans Sartoux pour l’année
8 février
15 mars
Le stage du 10 mai est annulé car le baptème de Victor a été fixé à cette date
14 juin
Prenez de l’avance et inscrivez vous pour le stage du 15 mars:
Le planning des cours est à jour jusqu’à fin juin! Il sera suceptible de quelques aménagements notamment au mois de mai. Planifiez vos cours sans limite 😊
Bigre, cette newsletter est encore longue. Mais j’espère que la thématique vous aura intéressé-e. J’ai aussi une bonne excuse! Je serai absente du 16 au 26 janvier. Vous retrouverez la prochaine le jeudi 29 janvier. Donc celle-ci vaut pour deux semaines 😉
Si mes écrits vous inspirent, merci de partager! 🙏
Amicalement
Namasté
Isabelle





