Yoganushasanam décembre 2025
Pariyankasana votre posture canapé 😅🛏️
Bien chère yogini, bien cher yogi
Me voici rentrée! Pour celles et ceux d’entre vous qui suivent les réseaux, vous avez certainement suivi mon voyage avec quelques photos et vidéos. Mais cela ne vous a pas tout dit!
Je vais essayer de vous résumer l’essence de ce voyage à Pune, au passage, ville que j’ai trouvée très polluée, beaucoup plus que lors de mon précédent séjour. Ciel, que le bon air de Roquefort les Pins m’a manqué! Si à Delhi la pollution est au dessus de notre tête (on ne voit pas le ciel), à Pune en cette saison d’hiver, la pollution est directement perceptible au niveau de notre nez. La ville s’étend de plus en plus, des travaux de construction génèrent beaucoup de poussière et un traffic dense expliquent certainement ce phénomène. D’ailleurs, des camions passent régulièrement arroser les trottoirs pour éviter que la poussière ne s’envole. Voici une femme et son balai, croisée dimanche matin pour ramasser un peu de cette poussière envahissante.
Ne comptez pas sur moi pour des scoops posturaux, des postures incroyables et inédites, des points clés ultra nouveaux. Je connais Abhijata puisque je pratique avec elle en ligne depuis les années Covid. Je suis habituée à son enseignement. En cela, pas de découverte particulière. D’ailleurs, elle a bien précisé que nous connaissions toutes les postures réalisées pendant l’évènement.
En fait, si, l’effet “scoop” a concerné de manière subtile la reproduction de la session asana-pranayama de Geetaji de 2003.
Session asana-pranayama de Geetaji de 2003 (dernière semaine du mois)
Vous connaissez mon histoire autour du Pranayama, mes questionnements et mes inconforts relatifs à a façon dont il m’a été enseigné à l’origine (dissocié des postures, en fin de séance, une fois par mois après des postures d’ouvertures en mode récupération). Vous savez que cela n’a jamais bien fonctionné pour moi. Il me manquait la conscience du souffle dans les postures. Après une session dite d’ouverture, le plus souvent de la cage thoracique, il me restait une sensation d’ouverture osseuse et musculaire, finalement contreproductive pour le pranayama qui nécessite de la fluidité, de la douceur et de la subtilité. La seule option que mon corps réclamait était le Savasana. D’ailleurs, lors de notre dernière séance le samedi matin Abhijata explique:
Si on utilise la volonté, les muscles intercostaux se tendent, l’air ne peut entrer. Pour mobiliser …., le contenu intérieur doit être souple tout en gardant de la fermeté à l’extérieur.
Cela m’a fait réviser un concept très Iyengar® et bien connu de “content and container”, de contenant et de contenu. Quand on sent une dissociation, entre les deux, vient le temps d’expirer.
Lors de cette séance de Geeta qui m’a semblée si délicieuse, le pranayama était présent du début à la fin. D’ailleurs le souffle était aussi très présent dans l’enseignement d’Abhijata durant toute la semaine, lors de la session de récupération, d’après midi, mais aussi lors des sessions du matin. Essentiellement Ujjayi et Viloma, le pranayama digital n’étant apparu que le dernier jour, le premier que l’on enseigne, Pratiloma Pranayama: inspiration par les deux narines semi-fermées, on repose la main sur la cuisse à l’expiration.
Voilà ce qui a caractérisé selon moi ce Yoganushasanam 2025:
Le matin, les postures étaient réalisées avec des ouvertures dans l’axe pranayama
les sessions d’après midi étaient restauraives, pranayama et postures étaient intercalées. Le pranayama n’est plus isolé mais il y a un lien avec les postures et les respirations qui se font dans les postures
de la place laissée pour les ressentis (l’action procure une sensation à laquelle nous devons prêter attention)
Bref j’étais comblée! Et pas du tout fatiguée!
Comment introduire le pranayama?
Une grande question! Voici la réponse d’Abhijata:
Pratiquer une respiration profonde 10/15 minutes par jour (cela précède le pranayama)
Puis commencer par Ujjayi et Viloma sur l’inspiration
Choisir un type de pranayama (Ujjayi inspiration/expiration par exemple) dans différentes postures avec supports (Uttanasana supporté, Janu Sirsasana, Purvottanasana, Viparita dandasana tête posée, Viparita Karani, Setu Bandha Sarvangasana etc.) car dans ces postures la respiration est plus facile qu’en position assise
Petit flash back sur mon voyage de départ qui ne s’est pas déroulé comme prévu
Vous savez que je devais partir avec mon amie Estelle, enseignante de yoga Iyengar® à Rouen. Nous nous sommes retrouvées à l’aéroport comme prévu, sauf que j’ai embarqué seule. Estelle avait fait renouveler son passeport et son visa de 5 ans était sur l’ancien….Nous nous réjouissions de cette expérience partagée car nous nous voyons peu, trop peu. Estelle, comme toujours, est restée stoïque (une vraie yogini!). Elle craignait que je me sente seule. En réalité, pendant le voyage, je me suis sentie “escortée” de bout en bout. Une jolie rencontre avec Emmanuelle avant l’embarquement. Pratiquante de yoga depuis 6 mois (et adorant cela), elle partait rejoindre son fils qui termine un semestre d’études à Delhi. Notre vol ayant été sérieusement retardé (+ de 3 heures en raison des conditions météo, c’est tout naturellement que nous nous sommes retrouvées à partager un déjeuner (aux frais d’Air India). Pendant le voyage, le hasard a fait que sa place était justement sur la rangée devant moi. Nous continuons à communiquer depuis lors. A Delhi, j’ai manqué la connexion pour Pune prévue à 5H45 en raison du retard. Le vol suivant était à 15H, donc une longue attente. Je me suis retrouvée au comptoir d’assistance dans l’attente d’un transfert dans un hotel à Delhi (pour dormir une heure 30 mais la bonne douche était vraiment bienvenue). Dans ces cas-là, le décodage de ce qui se passe se trouve grandement facilité par les locaux qui parlent la langue. Un magnifique (le mot est faible) mannequin indien à Paris qui était dans le même cas que moi, m’a servi d’escorte (sans jeu de mot 😉) jusqu’à l’hôtel. Merci merci mes anges gardiens 🙏.
Concernant Estelle, j’ai un scoop!
Estelle reprend les séances de Pranayama, en zoom, les lundis et mercredis hors vacances scolaires, de 7H45 à 8H15 du 5 janvier au 30 juin. Elle enverra le lien zoom le 3 janvier pour toutes les personnes s’inscrivant par email. Le tarif est de 90€.
Elle vous guidera dans le pranayama pour glisser vers la méditation, et quelques exercices plus personnalisés, avec sa touche. Sa base est évidemment Iyengar, et elle partagera avec vous ses expériences sur le souffle, l’énergie, les perceptions...tout un univers en fait!!!
Franchement, à ma connaissance, elle est la seule à proposer cela. C’est une grande opportunité d’être guidé par Estelle.
Voici son email: estelleyoga@live.fr
C’est une jolie perspective à vous offrir pour la nouvelle année. Faites passer le message! 🙏
Je reviens sur Yoganushasanam.
Abhijata: qu’est-ce qui caractérise le yoga Iyengar®?
Abhijata nous a posé cette question, dans un esprit de brainstorming. Vous connaissez les réponses, pour la plupart convenues et bien connues (l’alignement, la précision, l’utilisation de supports etc.). Abhijata ponctuait chaque réponse de oui, oui, oui…
Le lendemain, elle nous a résumé ce qui, selon elle, caractérise le yoga Iyengar®: Honesty, l’honneteté.
Elle explique: quand Guruji était en colère, il était 100% colère, quand il était empathique, ou plein de compassion, c’était aussi à 100%. Quelques jours plus tard, elle précise que Guruji ne dirigeait jamais sa colère vis à vis des individus mais vers leur manque d’engagement ou de volonté, car lui savait quelle dose de volonté était nécessaire sur le chemin de la pratique.
Pour illustrer la compassion, je vous partage une petite histoire racontée par Abhijata (selon mes souvenirs!):
Un vieil homme est venu en cours, courbé, accompagné. Dans Adho Mukha Svanasana dans les cordes, il a perdu le contrôle de sa vessie. Terriblement humilié, il avait envie de pleurer mais les larmes ne sortaient pas. Il s’est pris la tête dans les mains, pour se cacher, et il a dit qu’il devrait plutôt mourir. Guruji lui a mis la main sur l’épaule et lui a dit: “ne soit pas si pressé, je suis plus vieux que toi, laisse-moi partir avant toi et tout préparer pour bien t’accueillir”. Le vieil homme a beaucoup ri.
J’avais les larmes aux yeux en écoutant cette histoire.
Le contexte
Voici également un mot maintes fois répété par Abhijata sur l’importance du contexte dans la pratique. Une même posture, par exemple Setu Bandha Sarvangasana supporté, sera donné de façons différentes pour une personne avec un mal de tête, un problème cardiaque, une dépression ou face à un deuil, etc. C’est pourquoi notre système de yoga est si riche, mais il est aussi complexe car il n’y a pas UNE façon de faire (outre la version classique des postures) car tout est une question de contexte, concernant la personne mais aussi son environnement (climat, saison etc.).
Qu’est-ce que la pratique?
Voici la question posée par Abhijata le 6ème jour. C’est ainsi que Yoganushasanam se transforme aussi en sujets de réflexion.
Il s’agit de Abhyasa, la pratique, décrite par Patanjali comme devant être engagée (cela nécessite de l’effort), ininterrompue et sur une longue période. On peut donc résumer Abhyasa comme un effort répété. Ceux qui recherchent au travers du yoga le bien-être constant et l’absence totale d’effort ne sont donc pas en ligne avec les textes et l’essence du yoga (ça c’est mon ajout).
Pour cela, en yoga Iyengar, chaque asana nous renvoie vers l’étude de notre être, c’est Svadhyaya.
Mais aussi, la bonne nouvelle, c’est que la pratique rend les choses plus faciles. Abhijata a évoqué la pratique comme un voyage, en partant du difficile vers l’aisance, vers Abhyasa la pratique continue, vers Svadhyaya, l’étude de soi (et des textes).
Le message de Guruji sur Abhyasa:
être honnête dans chaque posture (être 100% dedans, comprendre ce qui ne vient pas…)
chaque asana que nous faisons nous aide à apprendre toutes les postures
Le schéma postural
Comment passer de difficile à facile?
Abhijata a évoqué le schéma postural (the pattern) avec un message à retenir:
“Learn the pattern and then break the pattern”
Apprenez le shéma et ensuite libérez-vous-en
Comment apprendre le schéma postural?
par les aspects physiques de la pose
par le timing (rester plus longtemps dans la pose sans perdre son intégrité)
le “sequencing” (l’art d’agencer les postures les unes après les autres pour améliorer une posture)
exagérer (exagérer une posture ou un aspect de la pose permet de mieux la comprendre)
comprendre la connexion entre deux postures différentes et se servir de ce point commun (par exemple entre Virabhadrasana 1 et ekapada rajakapotasana)
reconnaître la sensation procurée par une posture et sa famille posturale pour la reproduire
la précision
Et pour rompre le schéma, Abhijata a dit que nous devions identifier ce qui n’est pas nécessaire. Je vous laisse méditer sur ce concept. Egalement les supports qui nous donnent accès à certaines postures (que l’on ne pourrait réaliser autrement) nous libèrent de nos contraintes physiques.
La précision
Abhijata nous a confié que Guruji était précis dans tous les aspects de sa vie. Un jour, pour l‘avancer, elle lui a proposé de lui faire sa valise. Il l’a complètement refaite! Elle était vraiment admirative de la façon dont tout était bien plié et bien rangé.
Un autre jour, il demande à Abhijata de préparer le repas de son arrière petite fille qui commençait à s’alimenter avec du solide. Abhijata écrase le riz, ajoute le ghee puis le Dhal en mélangeant le tout. Guruji lui a dit que ce n’était pas une façon de préparer la nourriture pour un bébé! Il a repris une nouvelle préparation, écrasant longuement et méthodiquement le riz jusqu’à ce qu’il soit complètement lisse, puis il a ajouté le ghee et enfin le Dhal qu’il a écrasé également et mélangé.
Tout cela m’a renvoyé à mes propres placards…j’ai des progrès à faire sur le plan de la précision! 😅
Voici sa définition de la précision
“Etre en harmonie avec la nature est la précision”
La clarification de citta, la conscience
Selon Patanjali, la conscience (ou le mental), citta, doit devenir si pure que nous verrons la réalité, quelles que soient nos pensées ou notre état d’esprit.
Abhijata a pointé deux façons de pratiquer:
La pratique programmée: décider à l’avance par exemple lundi postures debout, mardi flexions avant, mercredi extensions arrières, jeudi torsions, vendredi récupération-pranayama etc. avec un choix délibéré de postures. Cette approche méthodique est intéressante pour ne pas oublier certaines postures (et notamment celles qui sont un peu “fancy”, improbables et difficiles pour nous). Mais si on reste scotché sur un schéma, la purification de la mémoire ne peut survenir.
La pratique non préméditée: on ne pense pas. C’est celle-ci qui nettoie le mental
Difficile de tout vous résumer!
J’aurais dû commencer par là: nous étions environ 170. Beaucoup d’indiens n’avaient pu arriver jusqu’à Pune en raison d’annulations de vols sur la période. Et nous étions deux françaises! Soit 1% des participants. Avec Fabienne (qui habite en Serbie; est-ce que ça compte pour 1? 😅) nous avons donc formé un petit groupe avec Supin, enseignante Iyengar qu’elle a rencontrée au Cambodge et Shobba (mon enseignante de la période Covid) et enfin Nirali, une élève de Shobba.
Nous voici!
De gauche à droite, Nirali, Fabienne, Shobba, Supin et moi.
J’ai été très heureuse de ce voyage (quand même éclair) pour honorer la mémoire de Guruji et surtout pour encore mieux comprendre l’essence du yoga Iyengar® afin de mieux le transmettre. Avec honneteté. Je me sens plus libre aussi. Libre d’avoir cassé certains shémas. Libre de savoir que c’est normal, comme faisant partie du voyage yogique.
Certaines nationalités étaient très représentées, comme la russie. Pour la France, une des raisons de la faible participation réside selon moi dans le fait que nos conventions se tiennent en novembre. C’est très proche en date et il est vrai que le plus évident est de laisser l’Inde venir à vous.
La bouce est bouclée
Vous vous souvenez de mes précédentes newsletters en hommage à Birjoo Mehta qui a animé les conventions de novembre. J’ai été captivée par son enseignement. J’ai eu la grande chance de le revoir au RIMYI, dimanche dernier, journée consacrée à la mémoire de Guruji
Avez-vous encore un peu de “jus” pour découvrir la posture du cours étude posturale de ce soir? Je vais faire court pour cela…
Paryankasana
C’est votre posture canapé! Car Paryanka signifie lit, couche ou canapé.
C’est une alternative intéressante pour ceux qui ne peuvent pratiquer Matsyasana, la posture du poisson, exactement la même forme mais en Padmasana, la posture du lotus. Je vous rassure, si l’assise en Virasana vous est impossible, notamment pour des problèmes de genoux, vous pouvez opter pour Swastikasana (jambes croisées) ou encore avec les jambes allongées.
Cette posture crée une formidable extension dorsale et développe les poumons. Elle stimule également les glandes thyroïde et para thyroïde grâce à l’extension du cou. Je vous rassure encore, en cas de problème avéré de nuque, il existe une version “soft” avec le bolster sous la nuque et une brique sous la colonne dorsale (ça c’est moins soft 😉)
Dans un monde de yogi idéal on glisse ensuite en supta virasana
Si cela ne vous est pas accessible, vous remonterez tout simplement en virasana.
Je vous pose une question: quand avez-vous fait Paryankasana pour la dernière fois? Si vous ne vous en souvenez pas, venez!
Souvenez-vous que les préparations sont aussi importantes que la posture elle-même!
On se retrouve ce soir à 18H30 😊 ⬇️
J’espère que vous pourrez goûter à l’effet Aaaaaahhhhh! lorsque vous posez le sommet de la tête au sol. Il y a là un cocktail inédit d’ouverture maximale de la poitrine et de détente cérébrale maximale (en principe 😉) du fait de la tête posée. On a bien ri mardi en cours intermédiaire avec ce Aaaaaaah en imaginant ce que pourraient penser des curieux l’oreille collée à la porte. 😂
Vous pouvez aussi passer par le site internet :
Il est également possible de télécharger l’application Bsport :
Je vous donne à nouveau les dates des stages du dimanche matin à Mouans Sartoux pour l’année
11 janvier
8 février
15 mars
10 mai
14 juin
Voici celui du stage du 11 janvier
Prenez de l’avance et réservez celui du 8 février
Pour compenser un peu mon absence à Pune, j’ai planifié quelques cours pendant les vacances de Noël:
Lundi 22 décembre 18H15 Tous niveaux
Samedi 27 décembre 9H30 détente récupération (vous en aurez besoin après les fêtes!)
Lundi 29 décembre 18H15 Tous niveaux
Vendredi 2 janvier 9H30 Tous niveaux
Samedi 3 janvier 9H30 détente récupération (doublement besoin! 😉)
Vous serez là? N’hésitez pas à réserver dès maintenant! Ne vous laissez pas décourager s’il y a une liste d’attente, vous avez toutes vos chances!
Petite (grande !) surprise! Nous venons d’apprendre que nous ramenons Victor, mon petit fils né le 2 mai, avec nous le 26 décembre de Paris, pour une semaine! Ses parents partent au Maroc avec Gabrielle et mon fils a préféré prendre un “break bébé”. Mon mari sera donc de garde quand je vous donnerai les cours. Cela me donnera l’occasion de vous présenter Victor.
Le planning est à jour jusqu’à fin juin! Il sera suceptible de quelques aménagements notamment au mois de mai. Planifiez vos cours sans limite 😊
Si mes écrits vous inspirent, merci de partager! 🙏
Amicalement
Namasté
Isabelle
PS: pas de newsletter avant le jeudi 8 janvier







