Comment remédier au cerveau "en béton"?

Au cœur du yoga

Mes chers yoginis et yogis,

Beaucoup de maux et signes de mal-être trouvent leur source dans un cerveau “en béton”. Dans les cours, je vois de plus en plus de cerveaux qui “rebiquent”.

Ne serions-nous pas en train de devenir des êtres hyper-cérébraux?

Selon la loi des contraires, selon vous, quelle est la chambre de compensation? Le yoyo émotionnel! Un cerveau dur, hyper actif s’accompagne souvent de débordements émotionnels avec une hyper sensibilité- excitabilité.

Revenons au cœur du yoga avec nos sutras de début d’année

Puisque vous pratiquez, celui-ci, vous le connaissez par cœur n’est-ce pas? Vous pouvez le répéter mentalement comme un mantra. Sa belle sonorité vous fera du bien! Il s’agit du sutra I-2 (le 2ème sutra du premier chapitre Samadhi Pada, des Yoga Sutra de Patanjali):

1️⃣Yogah cittavritti nirodhah

Le yoga, c’est l’arrêt des fluctuations de la conscience

Les “vrittis”, ce sont les petits singes à l’intérieur de nos têtes qui nous mettent le cerveau en ébullition.

BKS Iyengar disait d’ailleurs: “Vous avez le corps en un morceau et la tête en 1000 morceaux”. Son défi? Inverser le paradigme: décortiquer le corps en 1000 morceaux afin de développer notre intelligence physique pour atteindre un mental unifié.

Imaginez que vous êtes en Afrique, en Côte d’Ivoire (mon endroit préféré au monde) au bord de l’océan. Les vagues sont telles que la baignade est quasi impossible. Devant vous, une “barre” avec des vagues comme des murs. Et derrière? Le calme plat, une mer d’huile. Un autre univers. A deux pas. Si proche et si loin. Inaccessible.

Pour la petite histoire, mon père m’avait dit: “Si tu es emportée par les vagues, ne résiste pas. Laisse-toi aller. N’aie pas peur”. Effectivement, j’ai été “emportée comme un fétu de paille, alors que je me sentais en sécurité, avec de l’eau jusqu’aux genoux seulement. Soudainement, un violent courant m’a littéralement fauchée et me voilà embarquée, chahutée et malmenée par l’océan en furie. Alors? Je lâche prise, vraiment. La suite? Des ivoiriens (très très musclés 😁) se sont lancés pour me récupérer en faisant une longue chaîne humaine. Savez-vous qu’il faut de la volonté pour lâcher prise? A 20 ans, j’ai appris la dimension “physique” du “lâcher-prise” : une démarche consciente doublée d’une sensation de quiétude globale, même en situation de crise.

Revenons au cœur du yoga avec le 2ème sutra de cette rentrée:

2️⃣ Abhyasa vairagyabhyam tannirodhah” (I-12)

“L’arrêt des fluctuations du mental s’obtient par une pratique intense dans un esprit de lâcher-prise”

S’il vous plaît: retenez-le bien. Mieux! Comprenez-le bien. Nous sommes-là au cœur de notre sujet et de la plus grande énigme ou incompréhension autour du yoga: comment allier intensité et lâcher prise?

  • Si vous êtes de nature rajasique (dynamique, appréciant le mouvement, à la limite de l’hyper activité), vous n’aurez aucun mal à vous engouffrer dans une pratique tonique, physique, musculaire. Le risque? Pratiquer à vous en couper le souffle, à ignorer le souffle. La conséquence? Potentiellement, un cerveau en béton avec une grande difficulté à lâcher prise. C’est ce que j’appelle la pratique “chaise électrique” 😂

  • Si vous êtes de nature tamasique (inerte, lourde, avec une difficulté à “vous bouger”) le risque est de se réfugier dans une pratique molle sous prétexte de relaxation. La conséquence? Le souffle ne circule pas dans les tissus. Il en résulte un affaiblissement généralisé dans un corps sans vie (au sens yogique!)

  • L’état sattvique que nous recherchons résulte de cet équilibre subtil entre intensité et lâcher prise. On comprend que l’effort est nécessaire et indispensable. mais pas seul. Les postures, avec l’alliance du souffle et de la conscience, nous conduisent vers cet état sattvique, pur, nettoyé.

Comme dans la nature, nous avons notre propre nature de base (Rajas ou Tamas) que la pratique du yoga nous aide à équilibrer. Quelle est la votre?

Mettons en pratique avec Parsvottanasana

Voici la posture classique et finale. Rassurez-vous: il existe de nombreuses possibilités et alternatives avec des degrés d’intensité très variés.

Commençons par la signification de la posture

Le nom est trompeur car il s’agit d’une contraction de:

  • Parsva: les côtés

  • et Uttana: étirement intense

L’étymologie de la posture nous commande d’étirer intensément les flancs. mais pas que! L’étirement intense concerne au premier chef les jambes.

La flexion avant symbolise la prière, la prosternation.

Assurément Parsvottanasana allie puissance et humilité. Ce qui implique intensité et lâcher prise. Nous y sommes.

Pourquoi faut-il en rire? 😂

Cette posture illustre parfaitement notre sutra qui est souvent pratiqué à l’envers!

  • Des jambes molles au lieu d’être intensément étirées

  • Un cerveau dur, actif, récalcitrant au lieu d’être relâché

Si Parsvottanasana est enseigné aux débutants, il faut vraiment de l’entraînement pour atteindre cet équilibre sattvique que nous recherchons.

Ses principales caractéristiques

Chaque posture est une perle UNIQUE

  • Cette posture debout sur nos deux jambes (il existe des postures debout sur une jambe n’est-ce pas?) met en jeu notre sens de l’équilibre

  • Les jambes sont tendues (il existe des postures debout jambes pliées n’est-ce pas?): l’étirement intense ne vaut pas que pour les flancs 😉

  • Comme toutes les postures asymétriques elle nous met au défi de retrouver notre axe avec des latitudes parallèles au sol et au plafond

  • Le cerveau étant plus bas que le cœur, ses vertus énergétiques se rapprochent de celles des postures inversées

  • Elle prépare aux flexions avant, d’ailleurs c’est une flexion avant mais debout!

Le vinyasa de Parsvottanasana

Chaque posture suit un processus d’entrée bien spécifique. Comme pour Uttanasana, le passage dos concave est indispensable pour étirer les bords de buste. Gare aux cerveaux pressés qui tendent à ignorer cet enchaînement pour entrer directement dans la posture.

Les bienfaits?

Je vous épargne les habituels bienfaits des postures debout (tonicité, résistance, ancrage).

  • Sur le plan physique, elle est très complète avec une action aussi bien sur les membres inférieurs que sur les épaules, les poignets etc. Elle développe le sens de l’équilibre

  • Sur le plan mental elle procure l’apaisement des flexions avant, pour autant que le cerveau soit pacifié

  • Selon moi, le bénéfice ou effet majeur de Parsvottanasana réside dans le fait que cette posture est anti égo. Et c’est bien le propre du yoga: brosser l’égo.

    • Si les ischions jambiers sont trop courts, il faut accepter de mettre des briques sous les mains pour garder les jambes tendues. Ou bien se contenter de la demi posture avec le front posé sur une chaise ou bien les mains sur le mur

    • Surtout, ne pas forcer sur la nuque pour se rapprocher de la jambe avant avec un dos bossu

    • Mais aussi pour les hyperlaxes accepter de se freiner pour garder une forme douce et ronde et non pas angulaire avec un buste sur-étiré

Parsvottanasana est un voyage. Vous embarquez?

RV à 18H30 à Roquefort les Pins ou en ligne. ⬇️

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